À 63 ans et pas du tout optimiste, Yannick Noah cash sur sa mort : « Je commence à…

Yannick Noah
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Légende vivante du sport français, Yannick Noah est l’une des personnalités les plus appréciées du grand public depuis de longues années. Mais loin de ses chansons rythmées et de son sourire qui donne à voir ses éternelles dents du bonheur, le natif de Sedan est contrarié par un sujet majeur : la mort. Et autant dire que l’optimisme ne règne pas chez lui à ce propos…

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C’est un dimanche après-midi de 1983 que Yannick Noah est entré à tout jamais dans le coeur des Français. Vainqueur de Roland-Garros en trois sets, un exploit qu’aucun autre tricolore n’est parvenu à rééditer 41 ans plus tard, le jeune homme inscrivait alors (déjà) son nom dans l’histoire sportive de son pays. Et depuis, sa popularité n’a jamais vraiment décru, bien au contraire.

Multi-facettes dans l’âme, Noah s’est adonné au coaching, à la chanson, au business, et évidemment à l’humanitaire à de multiples reprises. Mais s’il profite pleinement de sa vie et des fruits de son travail, le sexagénaire a une conscience bien aiguisée des choses qui l’entourent, à commencer par le sujet le plus violent d’entre tous : la mort, et en l’occurrence la sienne.

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Yannick Noah inquiet face à la mort

Dans les colonnes de « Libération », conscient des années qui défilent, l’acolyte d’Henri Leconte a en effet fait des confidences sobres mais assez déchirantes sur son rapport à la mort :

Je commence à voir que je suis sur le toboggan. Mes parents sont morts tous les deux à 73 ans, ça va vite…



Dans les faits, l’espérance de vie des hommes se situe aux alentours des 79 ans, et Noah est encore censé avoir un bon bout de chemin devant lui. Seulement voilà : l’ancien tennisman est probablement marqué par son passé, lui qui a été habitué à ce que cette notion de vieillesse prématurée soit mise sur la table. Au micro d’Europe 1, il expliquait ainsi il y a quelques temps :

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A 30 ans, j’étais sportif dans cette autre vie. Et à 29 ans et dix mois, on parlait de l’avenir. Et à 30 ans, tout d’un coup, on me disait : « Bon, c’est quand la retraite ? » Maintenant, les joueurs ont de plus en plus de longévité. Mais à l’époque, 30 ans, c’était un peu le début de la fin. On me disait : « Qu’est ce que vous allez faire après ? Est-ce que vous allez ouvrir un magasin de sport ? Qu’est-ce que ça fait d’être vieux ? »

De quoi même nourrir quelques regrets pour celui qui s’est hissé jusqu’à la 3ème place mondiale :

C’est marrant comment le regard des autres a une influence. Du coup, j’ai arrêté quelques mois après. Sans ça, est-ce que j’aurais joué plus longtemps ? C’est possible. À un moment, quand on me répétait « t’es vieux », ça commençait à rentrer à l’intérieur de moi.

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Derrière sa spiritualité, sa bonne humeur légendaire et son inébranlable confiance en lui, Yannick Noah ne cache pas que la mort l’angoisse. Loin de signer un numéro de bravado face à elle, le palmarès le plus rempli du tennis français moderne est bien conscient qu’il est plus proche de la fin du chemin que du début, et l’exemple de ses parents ne le rassure pas. Souhaitons-lui bien évidemment de tromper la grande faucheuse encore de longues décennies !

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