Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Florent Pagny n’a jamais eu pour habitude de dissimuler les épisodes marquants de sa vie. Fidèle à son franc-parler, le chanteur évoque régulièrement son parcours, y compris les périodes les plus mouvementées. Après avoir consommé du cannabis pendant près de quarante ans, l’artiste reconnaît aujourd’hui que cette longue habitude a laissé certaines séquelles. Des conséquences qu’il aborde avec beaucoup de lucidité.
Figure majeure de la chanson française, Florent Pagny a souvent assumé publiquement sa consommation de cannabis durant une grande partie de sa vie. Si cette habitude appartenait alors à son quotidien, l’interprète de Savoir aimer explique aujourd’hui qu’elle a eu des répercussions concrètes, notamment sur sa mémoire. Un handicap dont il doit désormais tenir compte à chaque fois qu’il monte sur scène devant son public.
Avec le recul, le chanteur reconnaît que ces difficultés ne sont pas sans conséquence sur son métier. Pour éviter les oublis pendant ses concerts, il a dû adapter sa manière de se produire et s’appuie désormais sur un outil devenu indispensable. Invité du podcast Addiktion il y a quelques mois, Florent Pagny expliquait :
« Très tôt, le cannabis peut m’avoir créé des ruptures de mémoire, ce qui fait qu’en effet, je ne peux plus chanter sans mes prompteurs, parce que je peux vraiment avoir des trous et c’est très désagréable pour tout le monde. Donc pour éviter, tu mets les prompteurs ».
S’il admet volontiers ces effets sur sa mémoire, Florent Pagny se montre en revanche beaucoup plus réservé lorsqu’il est interrogé sur un éventuel lien entre sa consommation passée et le cancer du poumon contre lequel il s’est battu. À ses yeux, il est impossible d’établir une relation de cause à effet :
« Je ne pense pas. Pour moi 40 ans de fumette ça laisse des traces s’il doit y avoir des traces, pas une tumeur, et je n’ai pas ces traces-là. Après ton âge impacte tout. Tes cellules se réduisent, d’un coup ta vue se réduit, elle change, etc. Je ne peux pas dire que c’est la conséquence d’un produit extérieur ».
Au cours du même entretien, Florent Pagny est également revenu sur l’utilisation du cannabis à visée thérapeutique durant son traitement. Selon lui, cette plante lui a permis de mieux supporter les effets secondaires de la chimiothérapie et de poursuivre ses activités malgré la maladie :
« Cet ajout qui mélange les sensations et qui t’emmène un peu ailleurs, qui te soulage et enlève beaucoup de douleurs et qui t’ouvre l’appétit alors que normalement la chimio te l’enlève, et te fait dormir. On vous parle d’une plante qui pousse au soleil et qui a des vertus. Ils me regardaient tous et ne comprenaient pas vraiment comment je vivais tout ça aussi positivement. C’est ce qui m’a permis de continuer d’être en activité ».
À travers ces confidences, Florent Pagny dresse un bilan sans détour de son parcours. Il assume les conséquences durables de sa consommation passée tout en revendiquant un regard nuancé sur le cannabis, distinguant les effets qu’il a personnellement subis de l’usage thérapeutique qu’il dit avoir connu pendant sa maladie.
