Par Rédaction | Sport
La trajectoire de Trae Young semblait écrite pour durer au sommet de la NBA. Propulsé très tôt sous les projecteurs, le meneur d’Atlanta est devenu en quelques saisons l’un des visages les plus reconnaissables de la ligue. Pourtant, derrière les tirs spectaculaires et les passes millimétrées, une autre réalité s’est progressivement installée.
Depuis plusieurs semaines, les signaux se multipliaient autour de l’avenir de Young. Les rumeurs de départ se faisaient plus insistantes, traduisant un malaise plus profond que de simples résultats sportifs. Malgré son statut de star, Atlanta n’a jamais réellement retrouvé l’élan de ses plus belles années, et la franchise semblait coincée dans une zone grise, sans réelle progression collective.
Le souvenir de la campagne de playoffs 2021 reste central dans cette analyse. Cette année-là, Trae Young avait marché sur la Conférence Est, humiliant New York au Madison Square Garden avant d’éliminer Philadelphie au terme d’une série épique. Mais pour Reggie Miller, ce pic de performance a aussi marqué le début des problèmes. « Le souci, parfois, c’est d’avoir du succès trop tôt. Je pense que son déclin a commencé quand les Hawks sont allés en finale de conférence et ont perdu contre Milwaukee », a expliqué l’ancien arrière légendaire.
Le succès précoce comme point de bascule
Selon Reggie Miller, cette réussite fulgurante a changé la perception que Trae Young avait de lui-même et de son travail. « J’ai l’impression que tout est devenu trop facile pour lui », a-t-il poursuivi, estimant que cette aisance apparente avait freiné sa progression. Sans jamais remettre en cause son talent offensif, Miller pointe un relâchement progressif dans l’approche quotidienne du jeu.
L’ancien joueur des Pacers va même plus loin en évoquant ce qu’il entend en coulisses. « Je ne suis pas dans leurs entraînements, je ne les suis pas au jour le jour, mais j’entends des choses. Quand tu entends que des joueurs n’aiment pas jouer avec lui, qu’il ne s’entraîne pas dur, qu’il n’arrive pas tôt et qu’il ne reste certainement pas tard… », a-t-il glissé, dessinant le portrait d’un leader contesté en interne.
Il serait toutefois réducteur de résumer Trae Young à ces critiques. Lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens, il reste l’un des meilleurs chefs d’orchestre offensifs de la ligue. Sa vision du jeu, sa capacité à créer pour les autres et à porter une attaque entière demeurent rares. Mais le décalage entre son impact individuel et les résultats collectifs n’a cessé de s’accentuer au fil des saisons.
Le transfert vers Washington marque donc une rupture nette dans la carrière de Trae Young. Nouveau contexte, nouvelles attentes, mais aussi une pression différente, loin de l’image du sauveur unique. Reste à savoir si ce nouveau départ lui permettra de retrouver cette faim qui faisait sa force à ses débuts, ou s’il confirmera les doutes exprimés par Reggie Miller sur un joueur arrivé trop vite au sommet.
