Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Figure incontournable du cinéma francophone, Virginie Efira s’est imposée au fil des années comme une personnalité aussi talentueuse que transparente. Loin de cultiver une image inaccessible, la comédienne assume ses failles et ses contradictions avec une franchise rare. Certaines confidences récentes, plus intimes, éclairent d’un jour nouveau une période plus trouble de sa vie. Et révèlent un rapport complexe à elle-même.
Actrice très connue du cinéma francophone, Virginie Efira s’est construite un parcours atypique, passant de la télévision aux rôles les plus exigeants du grand écran. Longtemps enfermée dans des étiquettes liées à ses débuts, la Belge a progressivement gagné le respect de la profession. Aujourd’hui, l’interprète de Revoir Paris incarne une trajectoire faite de succès, mais aussi d’interrogations plus personnelles, notamment sur son rapport à l’amour et à son image.
Au fil des années, la quadragénaire n’a jamais hésité à évoquer ses zones d’ombre. Derrière l’assurance qu’elle affiche désormais, l’actrice reconnaît avoir traversé des périodes de doute profond, en particulier dans sa vie intime. Une époque marquée par une quête d’acceptation et un besoin de se libérer du regard des autres, parfois à travers des mécanismes qu’elle analyse aujourd’hui avec lucidité.
Dans les colonnes du magazine Society, la comédienne est revenue sans détour sur son attirance passée pour les nuits parisiennes et ce qu’elles représentaient pour elle :
« Effectivement, tous les clichés de la nuit, le temps qui s’étend, les hiérarchies qui se gomment, l’alcool qui décoince, qui enlève une conscience trop forte de soi. Et puis moi, j’allais dans un endroit qui s’appelait “Le Baron” et j’avais l’impression que là-bas, tu pouvais rencontrer des gens de milieux très différents. »
Dans ce même entretien, celle qui a su s’imposer comme une figure majeure du cinéma hexagonal explique pourquoi cette consommation lui paraissait alors presque naturelle, portée par une certaine insouciance et une résistance physique à l’alcool :
« J’aimais ça et puis, je suis belge, et bon ben… C’est livré avec le package si on peut dire : face à l’alcool, j’étais robuste. Très peu de gueules de bois. Et le gros problème avec ça, c’était que je contournais ma vulnérabilité, je l’assommais au lieu de composer avec et d’avancer. »
Avec le recul, Virginie Efira décrit cette période comme une forme d’évitement, particulièrement dans ses relations sentimentales. Loin des plateaux de tournage, c’est dans l’intimité que ces habitudes prenaient le plus de place :
« Surtout dans les rapports amoureux. Je n’ai jamais bu avant un direct ou une scène de cinéma, mais en revanche, je buvais quand je sortais parce que j’étais dans un truc basique de quelqu’un qui voulait être aimée, mais qui ne se pensait pas super aimable. »
La comédienne évoque également ce sentiment paradoxal de trop grande transparence, qu’elle tentait de corriger en créant une forme de distance artificielle :
« J’avais l’impression d’être trop “à jour”, qu’il fallait avoir plus de mystère, en tout cas, qu’on puisse se dire qu’il y avait quelque chose à conquérir. Si on voyait tout de suite que c’était acquis, ça ne marcherait pas… »
Aujourd’hui, la compagne de route du cinéma d’auteur comme du grand public regarde cette période avec une certaine philosophie. Elle en tire une leçon plus large sur l’acceptation de soi et les limites des faux-semblants :
« Mais on le sait bien, quand tu essaies de faire ça, le réel réapparaît toujours à un moment. Et du coup, ça ne sert à rien de le contourner. En général, le moment où tu es la plus forte, c’est quand tu n’en as vraiment plus rien à secouer. »
Avec le temps, Virginie Efira a appris à composer avec ses fragilités sans chercher à les masquer. Si elle ne renie pas ces expériences, elles apparaissent désormais comme une étape vers une forme d’apaisement. Une évolution qui témoigne d’une maturité assumée, autant dans sa vie personnelle que dans ses choix de carrière.
