Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Installé désormais loin de l’agitation médiatique, Michel Sardou continue pourtant de faire parler de lui. Fidèle à son image, le monstre sacré de la chanson française ne filtre rien de ses pensées, même lorsqu’il évoque ses souvenirs avec les plus grandes stars internationales. Céline Dion, entre autres, en sait quelque chose !
Figure incontournable de la chanson tricolore, Michel Sardou a traversé plus de cinquante ans de carrière sans jamais lisser son discours. Retiré dans le sud de la France, il revient aujourd’hui sur ses derniers concerts, son rapport à la scène et ses choix artistiques. Une parole directe, sans détour, qui s’inscrit dans la continuité de ce qu’il a toujours été : un artiste à part.
Dans les colonnes du Parisien, il évoquait d’abord la conception de ses spectacles et sa manière très personnelle d’aborder la scène, loin du stress qui touche de nombreux artistes :
« J’ai imaginé un spectacle très spécial en trois dimensions et une scène ronde avec des écrans à 360 degrés… Ça a l’air bien parti. Et qu’on chante devant 1.000, 10.000 ou 100.000, on ne voit que trois rangs. Je n’ai jamais eu le trac. Et puis j’ai déjà fait des scènes centrales, à Bercy, à Montréal. Enfin, bref, ça ne me fout pas plus la trouille que l’Olympia. »
Mais c’est en abordant la question des duos que le chanteur se montre le plus tranchant. Un exercice qu’il dit ne pas apprécier particulièrement, même lorsqu’il s’agit de partager la scène avec une superstar mondiale comme Céline Dion :
« Mon public n’aime pas les duos. J’avais fait « Je vais t’aimer » avec Céline Dion au Canada, et même elle… Bon. Je suis un chanteur spécial.. »
Une déclaration à son image, sans détour, qui illustre sa vision très personnelle de la scène et de la musique. Pour Michel Sardou, le lien avec le public reste avant tout une affaire individuelle, loin des collaborations imposées.
L’ancien showman évoque également son quotidien, désormais bien éloigné des tournées et du rythme effréné qui a longtemps été le sien. Une nouvelle vie qu’il savoure avec une certaine simplicité :
« La Normandie, j’y ai passé quinze années chouettes mais l’an dernier, il a plu pendant huit mois… J’ai mis en vente et un pote me l’a achetée le lendemain. Je vais enfin souffler. Cette tournée est longue et fatigante. J’ai 77 ans ! Quand je sors de scène, après deux heures, je suis cuit. Et après, la route, les hôtels, je n’en peux plus. Cet été, je vais prendre mon bateau, me baigner en pleine mer, à poil, et je parlerai aux dauphins. »
À travers ces confidences, Michel Sardou confirme qu’il n’a rien perdu de sa spontanéité. Qu’il parle de musique, de ses duos ou de son quotidien, il reste fidèle à lui-même, sans chercher à plaire à tout prix. Une constance qui fait, depuis toujours, sa singularité dans le paysage musical français.
