Ayant snobé les Enfoirés très vite, l’explication nette de Johnny Hallyday : « Je n’y vais plus parce que…

Johnny Hallyday et Jean-Jacques Goldman
RTBF (DR) / France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Johnny Hallyday n’a jamais cultivé l’ambiguïté. Tout au long de sa carrière, le rockeur a toujours assumé ses choix, quitte à aller à contre-courant. Même lorsqu’il s’agissait d’un projet aussi populaire que les Enfoirés, il n’a pas hésité à exprimer son désaccord. Un éloignement progressif, expliqué avec des mots sans détour, qui en dit long sur sa vision de la musique et de l’engagement.

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Figure majeure de la chanson française, Johnny Hallyday a pourtant été l’un des visages forts des débuts des Enfoirés, aux côtés de Coluche, Eddy Mitchell ou encore Jean-Jacques Goldman. À l’origine, le projet reposait sur une idée simple : rassembler des artistes autour de la musique pour soutenir les Restos du Cœur. Un esprit que le rockeur a pleinement incarné lors des premières éditions.

Mais au fil des années, l’évolution du spectacle a fini par créer une distance. L’arrivée de personnalités issues d’autres univers que la chanson et la place croissante accordée à la mise en scène ont progressivement modifié l’équilibre initial. Un changement qui n’a pas échappé à Johnny Hallyday, ni à d’autres artistes comme Michel Sardou, également critique sur ce virage.

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Dans son autobiographie Dans mes yeux, le chanteur revenait sur cette prise de distance, évoquant un sentiment de décalage grandissant avec ce que le spectacle était devenu :

« J’ai fait les quatre premiers concerts. C’était bien. C’étaient juste des chanteurs. Maintenant c’est la kermesse. C’est aussi devenu une émission de promotion. Et puis tout le monde veut y être, je ne me sens plus utile. Je me sentirais mal à l’aise de chanter en duo avec un mannequin quelconque »

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Pour l’interprète de Que je t’aime, cette transformation trahissait l’esprit originel du projet. Attaché à l’authenticité et à une certaine idée de la scène, il refusait de se plier à une formule qu’il jugeait trop éloignée de ses valeurs artistiques.

Des années plus tard, dans les colonnes du Parisien en 2015, il confirmait sa position sans la moindre hésitation, assumant pleinement son choix de ne plus participer :

« Pourquoi je n’y vais plus ? Parce que trop de gens y vont qui ne sont pas de ce métier. Et puis me déguiser en clown, moi, non merci. »

À travers ces déclarations, Johnny Hallyday restait fidèle à lui-même, privilégiant la cohérence à la popularité. Même face à une cause qu’il soutenait, il n’a jamais voulu renier son identité artistique. Une ligne de conduite qui, encore aujourd’hui, participe à forger l’image d’un artiste libre, guidé avant tout par ses convictions.

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