Par Rédaction | Sport
Shaquille O’Neal n’a jamais été un joueur comme les autres, et il continue de le rappeler. Des années après sa carrière, l’ancien pivot affirme que son impact dépasse largement ses titres, au point d’avoir influencé durablement l’évolution même du jeu.
Pendant longtemps, les pivots dominaient près du cercle, imposant leur physique et leur présence dans la raquette. Des joueurs comme Kareem Abdul-Jabbar, Patrick Ewing ou David Robinson ont incarné cette époque où le combat intérieur dictait le rythme des matchs. Le rôle était clair : protéger le cercle, marquer près du panier et contrôler la peinture.
Mais le jeu a progressivement changé, notamment avec l’importance croissante du tir extérieur et du spacing. Aujourd’hui, même les pivots sont attendus loin du cercle, capables d’écarter le jeu et de sanctionner à trois points. Ce basculement ne s’est pas fait du jour au lendemain, et Shaquille O’Neal est persuadé qu’il est en partie responsable de tout ça.
Une domination qui a forcé l’adaptation
Pour le Shaq, ce changement trouve directement son origine dans son propre passage en NBA. « C’est ma faute. Parce que quand je jouais, aucun intérieur ne voulait de ce défi, alors ils sortaient tous », explique-t-il. Sa domination physique dans la raquette était telle que beaucoup d’adversaires préféraient éviter l’affrontement direct.
Il détaille ensuite cette évolution en évoquant les générations successives : « On est tous le produit de notre environnement. Moi, j’ai regardé Kareem, Ewing, Robinson. On me disait d’aller à l’intérieur. Mais quand je jouais, les pivots adverses essayaient de me faire sortir… Donc tu as des joueurs comme Dirk, Duncan, Garnett qui jouaient pick and pop, et les jeunes ont commencé à copier ça ». Une transition presque naturelle, guidée par l’adaptation.
Avec le temps, cette tendance s’est amplifiée. Les équipes ont compris que s’éloigner du panier permettait d’exploiter différemment les défenses, surtout face à des profils dominants comme Shaq. Le tir extérieur, d’abord complémentaire, est devenu une arme principale, encouragée ensuite par les statistiques avancées et l’évolution stratégique globale de la ligue.
Fidèle à son identité, O’Neal reste attaché à une vision plus traditionnelle du poste. Son discours reflète une certaine nostalgie, mais aussi une conviction forte : si le jeu a évolué, c’est en partie à cause de lui. Et pour un joueur qui a marqué toute une époque, difficile de contester que son empreinte dépasse largement les lignes de statistiques.
