Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
François Cluzet n’a jamais été homme à masquer ses émotions ou à lisser ses prises de position. Derrière l’acteur respecté du cinéma français se cache un homme profondément marqué par certains drames personnels, dont un en particulier continue de nourrir chez lui une colère intacte. Plus de vingt ans après la mort de Marie Trintignant, le comédien refuse toujours catégoriquement l’idée du pardon.
Figure incontournable du cinéma français, François Cluzet a partagé une histoire importante avec Marie Trintignant, avec qui il a eu un fils. La disparition brutale de l’actrice en 2003, après les violences infligées par Bertrand Cantat dans une chambre d’hôtel à Vilnius, a bouleversé durablement l’acteur. Depuis, il n’a jamais caché sa douleur ni son immense ressentiment envers l’ancien chanteur de Noir Désir.
Invité de l’émission “Thé ou Café”, François Cluzet s’était exprimé avec une rare violence sur le sujet, refusant toute idée de pardon face aux violences faites aux femmes et à ceux qu’il considère comme des agresseurs ou des bourreaux.
« Non, je ne pardonnerai jamais. Je ne pardonne pas aux gens qui frappent les femmes, qui les tuent. Comme je ne pardonnerai pas aux assassins d’Ilan Halimi, comme je ne pardonne pas à ceux qui humilient les homosexuels, comme je ne pardonne pas à ceux qui se foutent de la gueule des gros, à ceux qui estiment que les juifs sont riches et à toute cette pagaille de connards, d’ignorants… »
Au cours du même entretien, le comédien évoquait aussi la violence insupportable de ce drame pour leur fils et l’incompréhension qui continue de l’habiter face aux circonstances de la mort de Marie Trintignant.
« Il a enlevé sa mère à mon fils en lui portant plusieurs coups mortels. Comment un gars de 1,85 mètre a-t-il pu frapper Marie, qui ne pesait que 50 kg ? J’aimais beaucoup cette femme… »
Bien avant cela, François Cluzet avait déjà laissé éclater sa colère en évoquant le film “Janis et John”, tourné peu avant la disparition de l’actrice. Derrière le souvenir artistique, le drame personnel reprenait immédiatement le dessus.
« ‘Janis et John’ (2002, ndlr), J’ai adoré ça car c’était un film de dingue. Évidemment c’est le souvenir avec Marie puisqu’elle est morte juste après, assassinée par cet enc* de Cantat. »*
À travers ces déclarations extrêmement dures, François Cluzet assume une douleur qui ne s’est jamais apaisée avec le temps. Plus de vingt ans après les faits, l’acteur refuse toujours toute forme de réconciliation symbolique, convaincu que certaines blessures restent impossibles à refermer.
