Charlotte Gainsbourg sans filtre sur son enfance atypique : « Mon père allait au bar, et quand on revenait…

Serge Gainsbourg et Charlotte Gainsbourg
INA (DR) / Elle (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Charlotte Gainsbourg a grandi dans un univers aussi fascinant qu’instable. Fille de deux immenses figures artistiques, Serge Gainsbourg et Jane Birkin, elle a très tôt été confrontée à une enfance loin des repères classiques. Entre liberté totale, atmosphère bohème et fragilités familiales, l’actrice garde des souvenirs marquants de ces années passées entre Paris et la Normandie. Des confidences intimes qui éclairent autrement la personnalité de l’artiste.

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Figure incontournable du cinéma français et de la chanson, Charlotte Gainsbourg a longtemps porté l’héritage de ses célèbres parents. Derrière l’image glamour associée au couple formé par Serge Gainsbourg et Jane Birkin, la réalité familiale était pourtant bien plus complexe. L’actrice a grandi entre une mère très présente et un père souvent insaisissable, dont les excès faisaient partie du quotidien. Une organisation familiale atypique, que la fille de l’homme à la tête de chou a accepté d’évoquer au fil des années avec beaucoup de lucidité.

Dans les colonnes de Marie Claire, Charlotte Gainsbourg revenait notamment sur les vacances passées en Normandie avec sa sœur Kate. La comédienne décrivait cette maison achetée par Jane Birkin comme un refuge loin de l’univers parisien de Serge Gainsbourg. Un lieu chargé de souvenirs, qu’elle évoquait avec précision :

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« Ma sœur Kate et moi, on allait dans une maison que ma mère avait achetée en Normandie, se souvient Charlotte Gainsbourg. Quand j’avais 4 ans, c’était sa maison. La rue de Verneuil étant vraiment la maison de mon père. Donc, elle a pu y mettre son goût, ses idées de tissus au mur, sa déco à elle. C’était un tout petit presbytère collé à un cimetière qui nous terrifiait… On allait là-bas toutes les vacances, sauf quand ma mère avait un tournage et nous embarquait avec elle. Il ne faisait sans doute pas très beau, mais je n’ai aucun souvenir d’avoir râlé à cause de la météo »

Derrière ces souvenirs d’enfance presque romanesques se cachait toutefois une réalité plus difficile. Habitué à l’effervescence parisienne, Serge Gainsbourg supportait mal ces séjours loin de la capitale et trouvait refuge dans l’alcool. Charlotte Gainsbourg racontait ainsi cette habitude devenue presque banale au sein de la famille :

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« C’était des vacances en bottes, avec ma mère dans sa Citroën Méhari incassable… On allait aux plages à proximité : Cabourg, Deauville. Mon père s’ennuyait mortellement, donc lui on le déposait au bar de l’hôtel de Deauville ou de Cabourg, il allait se saouler, et puis on le récupérait plus tard »

À travers ces confidences, Charlotte Gainsbourg livre le portrait d’une enfance façonnée par les contradictions de son père, à la fois génial, absent et profondément tourmenté. Si Serge Gainsbourg reste une légende de la musique française, ses fragilités ont durablement marqué la jeunesse de sa fille. Avec le recul, l’actrice semble aujourd’hui regarder ces souvenirs avec davantage d’apaisement, consciente d’avoir grandi dans un univers aussi singulier qu’imprévisible.

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