Discrète habituellement, la sortie à coeur ouvert de Patricia Kaas : « Le sentiment que la France…

Patricia Kaas
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Participer à l’Eurovision représente souvent un pari risqué pour les artistes français. Derrière l’exposition médiatique et l’événement populaire se cachent aussi une pression immense et des attentes parfois démesurées. En 2009, Patricia Kaas en a fait l’expérience à son tour. Pourtant déjà installée comme l’une des plus grandes voix de la chanson française, la chanteuse est ressortie profondément marquée par cette aventure européenne.

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Figure incontournable de la scène musicale francophone depuis la fin des années 1980, Patricia Kaas avait surpris en acceptant de représenter la France à l’Eurovision. À cette époque, rares étaient les artistes confirmés prêts à s’exposer dans un concours souvent moqué dans le milieu musical. Avec sa chanson « Et s’il fallait le faire », l’interprète de « Mon mec à moi » avait finalement terminé à une honorable huitième place. Un résultat loin d’être catastrophique, mais qui avait pourtant provoqué chez elle un profond malaise.

Habituellement très réservée sur ses émotions personnelles, Patricia Kaas est revenue sur cette période lors d’un entretien accordé à Nostalgie, au micro de Jean-Luc Reichmann. La chanteuse y décrivait l’immense pression ressentie après le concours, convaincue d’avoir déçu une partie du public français :

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« On n’y va pas pour ne pas gagner. Après, huitième, je ne sais pas… C’était une période difficile dans ma vie. J’avais le sentiment que la France entière m’en voulait parce que je n’ai pas ramené le trophée. C’était une période très difficile. »

Avec le recul, l’artiste reconnaissait avoir vécu cette séquence de manière extrêmement personnelle, au point de s’enfermer dans une forme de culpabilité. Toujours au cours de cet échange radiophonique, Patricia Kaas expliquait comment le regard des autres était devenu une véritable obsession après sa participation à l’Eurovision :

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« Quand je marchais dans la rue, quand les gens me regardaient, je me disais : ‘Waouh ! Encore quelqu’un qui se dit : ‘Purée, elle n’a pas ramené la coupe à la maison’. Je me suis fait un film, donc si c’était à refaire, je te dirais non. En plus, la chanson était bien. Mais bon, c’est comme ça ! Le fait que j’ai accepté de faire ça a ouvert une image un peu différente sur ce qu’est l’Eurovision. Après moi, beaucoup d’artistes connus ont commencé à participer. (…) Je suis contente pour ça. J’avais peur, c’était l’horreur. Alors que j’en avais fait de la scène avant… »

À travers ces confidences rares, Patricia Kaas met en lumière la violence psychologique que peut représenter un concours comme l’Eurovision, même pour des artistes expérimentés. Derrière le spectacle et les projecteurs, la chanteuse décrit une période de doute profond, nourrie par la peur du jugement et l’impression d’avoir échoué collectivement. Un témoignage sincère, qui rappelle combien la notoriété n’immunise pas contre les fragilités personnelles.

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