Jean-Louis Aubert déballe sur ses déboires avec l’alcool : « Je ne devrais pas le dire, mais je me suis fait…

Jean-Louis Aubert
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Jean-Louis Aubert a toujours cultivé une image de rockeur libre, insaisissable, parfois excessif. Derrière les succès en série et les concerts mythiques avec Téléphone, le chanteur a traversé des périodes beaucoup plus sombres, faites d’errances, d’alcool et d’expériences extrêmes. Avec le temps, l’artiste accepte désormais de revenir sur ces années mouvementées, sans chercher à embellir la réalité. Des souvenirs bruts qui témoignent d’une époque vécue à toute vitesse.

Publicité

Figure incontournable du rock français, Jean-Louis Aubert a marqué plusieurs générations grâce à son énergie débordante et ses textes devenus cultes. Avant même de connaître la consécration avec Téléphone à la fin des années 1970, le musicien menait déjà une existence chaotique, entre voyages improvisés, nuits sans fin et consommation de substances dangereuses. Une jeunesse sans limites qui l’a conduit à vivre certaines scènes surréalistes, notamment lors d’un séjour aux États-Unis dont il garde des souvenirs particulièrement marquants.

L’ancien leader du groupe Téléphone avait notamment évoqué cette période difficile dans un entretien accordé au journal Le Monde. Le chanteur y racontait son errance du côté de Hollywood Boulevard, dans un environnement où se mêlaient drogue, précarité et perte de repères. Avec le recul, Jean-Louis Aubert décrivait cette expérience hallucinante qui aurait pu très mal tourner :

Publicité

« Sans le sou, j’ai fait la manche sur Hollywood Boulevard avec les junkies. On était dans les bas-fonds, on consommait des produits qui nous mettaient dans des états hallucinants. A l’époque, il y avait une drogue très curieuse, une sorte de tranquillisant pour éléphant. J’ai fait une espèce de coma où je suis sorti de mon corps. Je marchais à quatre pattes dans la rue, je voulais attraper les voitures dans mes mains car je me voyais immense. »

Des excès qui appartiennent aujourd’hui au passé, même si l’interprète de « Temps à nouveau » a longtemps conservé un goût prononcé pour les nuits agitées et les soirées trop arrosées. L’alcool, notamment, a continué d’accompagner certaines escapades nocturnes du chanteur parisien, parfois jusqu’à provoquer des situations improbables. En 2014, invité sur France Bleu, Jean-Louis Aubert racontait avec humour une étonnante mésaventure avec les forces de l’ordre :

Publicité

« Je ne devrais pas le dire… J’étais un peu fatigué à Paris et je me suis fait arrêter par la police. Je leur ai dit : « Retirez-moi le permis tout de suite ». Ils sont montés chez moi, ils m’ont mis au lit, et ils ont même conduit ma voiture jusqu’en bas de chez moi ! (sourire) »

Le musicien avait également évoqué ses souvenirs de virées nocturnes avec Serge Gainsbourg, autre figure légendaire de la chanson française connue pour ses excès. À la fin des années 1980, les deux artistes partageaient un goût assumé pour les soirées interminables, quitte à trouver des moyens de transport pour le moins inattendus afin de rentrer chez eux :

« Avec Serge Gainsbourg, on rentrait souvent, soit en voiture de police soit avec les camions poubelles… »

À travers ces confidences sans détour, Jean-Louis Aubert dresse le portrait d’une génération d’artistes qui ont parfois flirté dangereusement avec leurs propres limites. Drogues, alcool et nuits sans fin ont rythmé une partie de son existence, sans jamais éteindre son inspiration musicale. Aujourd’hui encore, le chanteur regarde cette période avec lucidité, conscient d’avoir survécu à des années où tout semblait pouvoir basculer.

Pop culture