Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Depuis des décennies, Eddy Mitchell s’est imposé comme l’un des derniers grands témoins de l’âge d’or de la chanson française. Habitué à parler sans détour de ceux qu’il a côtoyés, le rockeur n’a jamais totalement idéalisé ses anciens camarades de route. Parmi eux, Claude François occupe une place particulière. Derrière l’image éclatante de Cloclo, Schmoll laisse aujourd’hui entendre qu’existait une personnalité beaucoup plus complexe.
Figure incontournable du rock français, Eddy Mitchell a traversé les années 1960 et 1970 aux côtés des plus grands noms de la variété hexagonale. Parmi eux, Claude François s’est rapidement imposé comme un phénomène populaire hors normes. Avant sa disparition brutale en 1978, l’interprète d’Alexandrie Alexandra fascinait autant qu’il impressionnait par son perfectionnisme et son ambition. Les deux artistes se sont croisés très tôt dans leurs carrières respectives, notamment à l’époque des premiers films musicaux destinés à la jeunesse.
Invité sur France 2 il y a quelques années, Eddy Mitchell revenait justement sur un souvenir datant du tournage du film Comment réussir en amour, sorti en 1960. Le chanteur racontait alors avec ironie l’arrivée de Claude François sur le plateau, déjà bien décidé à imposer sa personnalité :
« On a amené Claude François, qui a été viré malheureusement immédiatement, car il venait nous instruire de son savoir… Mais il venait surtout promouvoir son disque qui était ‘Le Nabout Twist' »
Une anecdote racontée avec amusement, qui témoigne du caractère déjà très affirmé du futur roi de la variété française. Malgré ce souvenir teinté de moquerie, Eddy Mitchell n’a jamais caché le respect qu’il portait à Claude François, dont il admirait le professionnalisme et l’énergie hors norme.
Mais au fil d’un autre entretien, le rockeur a laissé apparaître une facette beaucoup plus mystérieuse de celui qu’il considérait comme un ami. Sans entrer dans les détails, Eddy Mitchell évoquait alors les tourments intérieurs de Claude François, préférant conserver une certaine réserve :
« Si l’on prend l’exemple de Claude François, qui était un pote, il avait tout un côté torturé, mais sur lequel je n’aurais pas envie de m’étendre. Je garde ça pour moi… »
Des propos qui alimentent depuis longtemps les interrogations autour de la personnalité réelle de Claude François. Derrière l’image du chanteur perfectionniste et infatigable, plusieurs proches ont souvent évoqué un homme anxieux, exigeant et parfois profondément tourmenté.
En choisissant de ne pas en dire davantage, Eddy Mitchell entretient une part de mystère autour de cette figure mythique de la chanson française. Une manière aussi de rappeler que derrière les projecteurs et les succès populaires se cachent parfois des fragilités que seuls les plus proches ont réellement connues.
