Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Dans le paysage musical français, certaines relations dépassent largement le cadre artistique pour s’inscrire dans une histoire personnelle durable. Celle de Louis Bertignac et Carla Bruni en fait partie, entre romance passée et collaboration professionnelle qui a marqué un tournant dans la carrière de la chanteuse. Avec le temps, des confidences ont ravivé les contours de ce lien singulier.
Figure emblématique du rock français et guitariste du groupe Téléphone, Louis Bertignac a partagé plusieurs années de vie avec Carla Bruni dans les années 1980, de 1986 à 1990. Leur relation amoureuse, bien que terminée depuis longtemps, n’a pas totalement disparu des mémoires, notamment en raison de leurs retrouvailles artistiques et des souvenirs qu’ils ont laissé derrière eux.
Au début des années 2000, le musicien se retrouve impliqué dans un projet majeur : le premier album de Carla Bruni, Quelqu’un m’a dit. Un disque qui rencontrera un succès inattendu et propulsera la carrière solo de l’ancienne mannequin devenue chanteuse. Dans une interview accordée à Paris Match en 2022, Louis Bertignac revient sans détour sur cette période et sur sa première réaction face aux maquettes de la chanteuse :
« Elle m’a fait écouter des maquettes que je trouvais franchement nulles. Je suis revenu à l’essence des choses : ensemble, nous jouions les Stones en acoustique, juste avec nos voix et nos guitares. Je lui ai proposé de bosser de cette manière-là sur deux morceaux. C’était magnifique. Elle aussi a adoré, et elle m’a demandé de faire tout l’album. Sans moi, elle aurait vendu 12 disques »
Des propos qui ont rapidement fait réagir, poussant le guitariste à préciser sa pensée afin d’éviter toute mauvaise interprétation. Il a ainsi tenu à rectifier la portée de ses déclarations dans la foulée :
« Carla est fâchée d’avoir lu dans un hebdo que j’aurais déclaré que sans moi, elle aurait vendu 12 exemplaires de son album. C’est n’importe quoi : je n’ai pas dit – ni même jamais pensé – ça. J’ai simplement expliqué que les maquettes, telles qu’elles me les avaient apportées, n’étaient pas abouties. Après, n’importe quel autre producteur aurait pu en faire des joyaux. Et je suis heureux qu’elle m’ait choisi. »
Au fil des échanges, Louis Bertignac est également revenu sur la nature de leur relation passée, livrant une vision très directe de leur histoire commune et de leurs sentiments respectifs :
« Notre histoire a duré de 1986 à 1990, avec des hauts et des bas. Même si nous avons vécu ensemble, je n’ai pas vraiment été amoureux d’elle. Et elle n’a jamais été folle de moi, loin de là (…) Elle n’a pas été une garce avec moi. Je pense qu’elle aurait aimé tomber amoureuse de moi parce que j’étais guitariste de rock dans un groupe connu, mais elle n’y croyait pas plus que ça. Moi, je savais que je n’étais pas amoureux d’elle. Ce qui est encore pire… »
Avec ces confidences, le guitariste de Téléphone dresse le portrait d’une relation à la fois intime, lucide et dénuée de romantisation excessive. Entre vie personnelle et création musicale, cet épisode illustre la frontière parfois floue entre sentiments et collaboration artistique, où la franchise prend le pas sur les non-dits.
