Par Rédaction | Sport
Coach légendaire du football français, Guy Roux avait toujours accordé une importance particulière à la discipline de ses joueurs. À Auxerre, l’entraîneur historique ne se contentait pas de gérer les entraînements et les matchs : il s’intéressait aussi à leur hygiène de vie. Y compris à leur vie intime, avec une règle pour le moins particulière.
Durant ses longues années à la tête de l’AJ Auxerre, Guy Roux avait ainsi été confronté à une question récurrente dans le football de haut niveau : fallait-il laisser les joueurs avoir des rapports sexuels avant une rencontre ou leur imposer une forme d’abstinence ? Jean-Pierre Paclet, médecin de l’équipe de France entre 1993 et 2008, reconnaissait lui-même que le sujet était difficile à trancher scientifiquement. Il expliquait au micro d’Europe 1 :
« Personne n’a de réponse scientifique et véritable sur ce sujet. Le problème, c’est que les sexologues n’y connaissent rien en sport de haut niveau, et que les médecins du sport ne sont pas sexologues. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une décharge de testostérone. Mais chaque individu a un comportement différent par rapport à une performance. Du coup, c’est une question difficile à envisager de manière collective, et plutôt à envisager de manière individuelle. »
Guy Roux, lui, avait une vision assez précise de la question. Pour les grandes compétitions internationales, l’ancien entraîneur estimait d’ailleurs que les dirigeants devaient prévoir des moments permettant aux joueurs de retrouver leurs compagnes :
« À chaque Coupe du Monde et chaque Euro, on évoque ce problème. Vous avez plus de 550 jeunes hommes de 20 à 35 ans rassemblés pendant une même compétition, la question se pose forcément. Les sélectionneurs et les présidents de fédération intelligents ouvrent des fenêtres pour les épouses et les compagnes. »
Mais dans le quotidien de l’AJ Auxerre, le technicien bourguignon avait mis en place une règle bien plus précise. Loin de demander une abstinence totale, Guy Roux voulait surtout éviter que ses joueurs ne s’épuisent avant une rencontre :
« Le problème, ce ne sont pas les calories dégagées. On dit que ça vaut de monter trois étages. Non, le problème, c’est l’influx nerveux, la libido, la testostérone. Le sexe, ça diminue la libido et ça diminue le combat. »
Le coach auxerrois détaillait alors clairement ce qu’il demandait à ses joueurs dans les jours précédant un match :
« Je demandais seulement aux joueurs de ne pas faire des performances dans les 72 heures qui précédaient le match. Pas d’abstinence, non, mais une pratique raisonnée. Qu’ils n’essayent pas de battre des records du monde ou même des records de Bourgogne ! Comme dans tout, le risque, c’est l’excès. Est-ce qu’une tartine de beurre, c’est contraire au football ? Non. Mais dix tartines de beurre chaque jour, oui ! »
Jean-Pierre Paclet apportait enfin sa propre nuance à cette réflexion, en insistant lui aussi sur la modération et sur le fait de ne pas transformer ces moments en véritable épreuve physique :
« L’idéal, c’est de ne pas trop abuser juste avant un match, pour ne pas épuiser ses réserves. Et le mieux, c’est de faire l’amour avec sa partenaire habituelle, pour ne pas avoir envie de faire un exploit et d’impressionner une jeune fille de passage. »
Avec cette règle, Guy Roux avait donc choisi une voie intermédiaire : pas question d’interdire totalement la vie sexuelle à ses joueurs, mais il leur demandait de rester raisonnables avant les matchs. Une consigne qui résumait assez bien la philosophie du légendaire entraîneur auxerrois, toujours soucieux de contrôler les moindres détails de la préparation de ses équipes.
