Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Il suffit parfois d’une phrase pour enflammer une fanbase entière. C’est ce qui est arrivé à Brandin Podziemski, jeune talent des Warriors, après une déclaration ambitieuse sur l’héritage que laisseront Stephen Curry et Draymond Green. À 22 ans, le joueur s’imagine déjà comme le dépositaire d’une dynastie légendaire — une vision que beaucoup de supporters n’ont pas vraiment partagée.
Depuis son arrivée à Golden State, Podziemski a pourtant conquis Steve Kerr par sa polyvalence et son sens du jeu collectif. Capable de défendre, de créer, de marquer, il est devenu l’un de ces éléments discrets mais essentiels à l’équilibre de l’effectif. Cette progression rapide semble lui avoir donné confiance, au point d’évoquer un futur rôle de leader une fois l’ère Curry-Green terminée.
Dans une interview pour The Athletic, il a expliqué cette mentalité : « Quand ils partiront, il faudra bien qu’ils laissent tout ça à quelqu’un. Comment puis-je gagner leur confiance ? Je veux qu’ils puissent aller voir Joe (Lacob) et Mike (Dunleavy) en disant : “Lui, il peut continuer ce que nous avons commencé.” Je pense souvent à ça, et je me prépare pour être ce joueur-là. Il faut bien plus que du talent pour tenir ce rôle. » Des propos ambitieux, traduisant une vraie volonté de s’inscrire dans la lignée des légendes de la franchise.
Une confiance mal reçue par les fans
Mais cette confiance n’a pas été bien accueillie sur les réseaux sociaux. De nombreux supporters ont jugé la sortie de Podziemski prématurée, certains la tournant même en dérision. Plusieurs fans ont rappelé qu’avant de parler de succession, il faudrait d’abord confirmer sur le terrain : « Si tu veux hériter de Curry et Green, montre-le en travaillant comme Jordan ou Kobe ! » D’autres ont ironisé sur un possible départ imminent, comparant la situation à celle de Jordan Poole ou James Wiseman, anciens “héritiers” désignés partis ailleurs après des débuts prometteurs.
Pourtant, Podziemski n’est pas un joueur lambda. L’an dernier, il a trouvé une vraie place dans la rotation, notamment après l’arrivée de Jimmy Butler. En présaison, il a affiché des moyennes solides — 6,5 points, 2,5 rebonds et 3,5 passes — en un temps de jeu limité. Steve Kerr, toujours attentif à l’équilibre collectif, a même déclaré récemment que le jeune arrière était « le joueur le plus adaptable de l’effectif après Stephen Curry ».
Reste que les mots ont un poids particulier à San Francisco. La franchise sort d’une décennie d’excellence, marquée par un leadership unique et un niveau d’exigence rare. Chaque jeune joueur qui se projette comme l’avenir des Warriors est désormais scruté à la loupe. Jordan Poole et Jonathan Kuminga en ont déjà fait l’expérience : il faut bien plus qu’un bon match ou une belle saison pour gagner ce statut.
Brandin Podziemski devra donc apprendre à laisser son jeu parler pour lui. Son attitude, son intelligence de jeu et sa compréhension du système de Kerr jouent en sa faveur. Mais l’héritage des Warriors ne se transmet pas par déclaration, il se mérite par la constance, la loyauté et la performance. Et si son ambition a pu heurter, elle traduit aussi une envie de s’élever à la hauteur des légendes qu’il côtoie chaque jour.
