NBA – Shaquille O’Neal revient sur son année difficile avec Kobe Bryant aux Lakers : « Des choses puériles »

Les légendes NBA Shaquille O'Neal (gauche) et Kobe Bryant (droite)
TNT (DR) / Keith Allison (CC)

Par Rédaction | Sport

Il y a des équipes mythiques, et puis il y a les Lakers du début des années 2000. Trois titres consécutifs, une domination sans partage, mais aussi des tensions internes d’une intensité rarement vue dans l’histoire de la NBA. Si le duo Shaquille O’Neal – Kobe Bryant a fait rêver la planète basket, il a aussi failli détruire de l’intérieur une machine presque parfaite.

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Dans son autobiographie Shaq Uncut, O’Neal est revenu sur la saison 2003-2004, celle où les fissures du vestiaire sont devenues béantes. Malgré la présence de légendes comme Karl Malone ou Gary Payton, la fracture entre les deux superstars était si profonde qu’elle divisait littéralement l’équipe en deux camps. La rivalité était devenue si personnelle que même les détails du quotidien en étaient affectés, rendant la cohabitation presque impossible.

Le pivot raconte ainsi les tensions absurdes qui régnaient alors à Los Angeles : « Tu étais soit du côté de Kobe, soit du côté de Shaq. Nous avions deux préparateurs physiques. Si Chip Schaefer me strappait pour l’entraînement, alors Kobe refusait d’aller avec lui. Il prenait Gary Vitti à la place. Des choses puériles. Enfantines. Nous étions tous tombés là-dedans. » Un témoignage aussi lucide qu’accablant sur la dynamique interne d’une équipe pourtant destinée à tout gagner.

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Une fracture invisible mais fatale

Cette guerre d’ego explique en partie pourquoi, malgré un effectif monstrueux sur le papier, les Lakers ont sombré en Finales NBA 2004 face aux Pistons. Detroit n’avait ni la puissance ni les stars de Los Angeles, mais disposait d’une cohésion exemplaire. Chauncey Billups, Richard Hamilton et Ben Wallace ont su exploiter chaque faille psychologique de leurs adversaires, notamment en laissant un Kobe frustré forcer son jeu tandis que Shaq, souvent ignoré, bouillait intérieurement.



Beaucoup d’observateurs estiment encore aujourd’hui que cette équipe aurait pu remporter cinq titres supplémentaires si ses deux leaders avaient su mettre leur orgueil de côté. Pourtant, à ce stade, le point de non-retour était atteint. Même une victoire n’aurait sans doute pas suffi à apaiser les tensions. Le départ de Shaq vers Miami, quelques mois plus tard, était inévitable — une libération nécessaire pour les deux.

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La suite a prouvé que chacun pouvait briller séparément. O’Neal a décroché un nouveau titre à Miami en 2006, épaulant un jeune Dwyane Wade. De son côté, Bryant a trouvé la rédemption en menant les Lakers à deux nouveaux sacres en 2009 et 2010, prouvant qu’il pouvait être le leader incontesté d’une équipe championne. Deux trajectoires parallèles, marquées par la même quête de reconnaissance et de grandeur.

Le plus ironique, c’est qu’au-delà des rivalités, les deux géants partageaient plus de points communs qu’ils ne voulaient l’admettre. Tous deux obsédés par la victoire, intransigeants dans leur exigence, incapables de faire marche arrière une fois le conflit lancé. Mais avec le temps, les blessures se sont refermées. O’Neal et Bryant ont fini par se réconcilier, s’adressant mutuellement un respect sincère après la retraite.

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