Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Figure centrale de l’information, Audrey Crespo-Mara s’est imposée comme l’un des visages les plus respectés de TF1. Aux manettes de Sept à Huit, elle reçoit chaque semaine des personnalités de premier plan, françaises comme internationales. Mais derrière ces rencontres très médiatisées, la journaliste applique des règles strictes. Quitte à dire non, même aux plus grandes stars.
Journaliste reconnue et intervieweuse chevronnée, Audrey Crespo-Mara a bâti sa réputation sur un style précis, exigeant et profondément humain. Aux commandes de « Sept à huit » depuis plusieurs années sur TF1, la quadragénaire ne conçoit pas ses entretiens comme de simples exercices promotionnels. Elle n’est donc pas prête à tout, et elle ne s’en cache pas.
Habituée à recevoir des célébrités de tous bords, la journaliste française n’accepte en effet pas toutes les conditions imposées par certaines célébrités ou leurs équipes. L’ancienne présentatrice du JT assume une ligne claire, quitte à renoncer à des noms prestigieux lorsque les exigences lui paraissent incompatibles avec son travail. C’est dans une interview accordée à Pure Médias en 2023 qu’Audrey Crespo-Mara avait ainsi détaillé sans détour sa position sur le sujet :
« Quand une star internationale exige les questions en amont, un temps contraint, et un droit de regard sur l’interview avant la diffusion, c’est non. Lorsqu’elles viennent encore en France, le contenu est limité à la promo et le temps contraint. Dans ces cas-là, je préfère ne pas faire d’interview plutôt qu’elles soient limitées, contraintes et qu’au final, on se limite à la promo d’un film. Le portrait nécessite un engagement de l’invité.
Quand j’interviewe Pamela Anderson, je vais à elle, à Los Angeles, mais je peux lui poser toutes les questions que je veux, en prenant le temps d’une vraie rencontre. On a suffisamment de personnalités et d’anonymes intéressants pour ne pas se plier aux contraintes des grosses boîtes de communication »
Un discours qui illustre la philosophie de celle qui privilégie la liberté éditoriale à la course au scoop. Pour Audrey Crespo-Mara, la valeur d’une interview repose avant tout sur la sincérité de l’échange et la disponibilité réelle de l’invité, bien loin des formats calibrés dictés par les services de communication. Toujours dans cet entretien, la journaliste était revenue sur son implication personnelle dans la préparation de ses interviews, un travail souvent invisible mais déterminant :
« Très souvent, les personnes que j’invite, je les sollicite personnellement. C’est tout un travail de conviction en amont, qui est essentiel. (…) Il m’arrive parfois de passer du temps avec l’invité, en amont de l’interview, pour le convaincre. Il faut qu’il soit prêt à aller plus loin que la promotion habituelle, à donner plus qu’ailleurs. Mais au bout de trois ans, le travail réalisé plaide pour moi »
Cette exigence, Audrey Crespo-Mara l’assume pleinement, convaincue que la qualité prime sur le prestige. En refusant les interviews verrouillées et les conditions trop contraignantes, la journaliste rappelle qu’un grand entretien se mérite. Et que, même face aux stars mondiales, l’intégrité éditoriale n’est pas négociable.
