Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Dans la NBA actuelle, provoquer des fautes est devenu un art à part entière. Certaines superstars ont intégré cette dimension à leur jeu au point d’en faire une arme offensive régulière. Lorsque d’autres tentent de s’adapter à ces codes modernes, le résultat peut parfois surprendre, voire faire sourire.
LeBron James n’échappe pas à cette évolution du jeu. Malgré son statut et sa longévité exceptionnelle, il se retrouve lui aussi confronté à une ligue où le coup de sifflet pèse parfois autant que le tir lui-même. Et lorsqu’il cherche à forcer la décision auprès des arbitres, la scène ne passe pas inaperçue. Ancien coéquipier et observateur privilégié, Richard Jefferson a justement tenu à livrer son regard amusé sur ce phénomène.
Physiquement, LeBron James reste l’un des profils les plus impressionnants du championnat. À plus de deux mètres et toujours aussi puissant, il continue d’attaquer le cercle comme peu de joueurs peuvent le faire, même après plus de vingt saisons au plus haut niveau. Cette domination par la force rend ses tentatives de provoquer des fautes presque contre-nature aux yeux de ceux qui l’ont toujours connu comme un bulldozer inarrêtable.
Un style qui fait sourire même les initiés
C’est précisément ce contraste qui amuse Richard Jefferson lorsqu’il observe son ancien leader tenter d’en rajouter sur les contacts. Dans son podcast, il a expliqué avec humour pourquoi LeBron lui semble si particulier dans cet exercice, rappelant qu’il subit déjà énormément d’impact sans broncher la plupart du temps. « Les gens se plaignent que LeBron en rajoute parfois. Mais s’il est le flopper le plus drôle, c’est parce qu’il ne sait pas vraiment comment faire », a-t-il raconté en souriant.
Jefferson a poursuivi en décrivant ces gestes presque maladroits, loin des standards habituels de la provocation de fautes. « Il est tellement habitué à jouer physique et à se faire cogner que, quand il essaie de montrer aux arbitres qu’il prend des coups, ça a l’air bizarre », a-t-il ajouté, allant jusqu’à comparer cette situation à celle de Nikola Jokic, autre joueur souvent victime de contacts non sifflés.
Cette analyse met aussi en lumière une différence fondamentale entre LeBron et d’autres spécialistes du genre. Là où certains, à l’image de James Harden, ont bâti leur efficacité sur la ruse, les angles de pénétration et la manipulation du défenseur, LeBron a toujours privilégié la puissance brute et la vitesse. Changer de registre à ce stade de sa carrière ne peut donc qu’interpeller.
Il n’en reste pas moins que la frustration du joueur des Lakers est parfois compréhensible. Être régulièrement percuté sans obtenir de coup de sifflet finit par user, même les plus grands. Mais pour Jefferson, cela n’enlève rien au caractère presque comique de ces séquences, tant elles contrastent avec l’image dominante et implacable associée à James depuis ses débuts.
