Comme 4 à 6% des Français, ce mal dont Daniel Auteuil ne se débarrassera jamais : « Je suis…

Daniel Auteuil
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

À 76 ans, Daniel Auteuil continue de fasciner par son talent et sa polyvalence sur grand écran. Mais derrière cette carrière impressionnante, l’acteur se confie sur un obstacle personnel qui l’a accompagné toute sa vie : un trouble méconnu, difficile à appréhender et qui, s’il peut être atténué, ne se guérit jamais vraiment. Explications.

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Référence incontournable du septième art français, Daniel Auteuil n’a en apparence aucun signe révélateur de ce qu’il traverse. Pourtant, l’inoubliable interprète de « Bébel » dans « Les sous-doués » souffre depuis toujours de dyspraxie, comme il l’a expliqué à France Bleu :

« Je pense que je suis un autodidacte de la dyspraxie. Je ne savais pas que je l’étais. C’est quand plus tard, on a décelé chez mon fils ce même truc et qu’on a quitté l’enseignement normal pour aller dans une école dite alternative que j’ai compris. »

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La dyspraxie, également appelée trouble développemental de la coordination, touche environ 4 à 6 % de la population et se traduit par une altération de la planification et de la coordination des gestes volontaires. Pour un acteur, dont le corps est un outil central, cette condition représente un défi de taille, se manifestant par une maladresse apparente et des difficultés à organiser ses mouvements de manière fluide.

Daniel Auteuil a poursuivi sur l’impact de ce trouble sur lui tout au long de sa vie, à la fois personnelle et professionnelle :

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« On souffre, on perd confiance en soi, et on devient, si on est curieux, un autodidacte. J’ai longtemps cru être un crétin. Mais d’être autodidacte vous enlève à vie une certaine assurance. Moi, si on m’avait pris au Conservatoire d’art dramatique, je n’aurais pas attendu presque 40 ans avant de jouer une pièce classique. J’espère que mon fils n’en pâtira pas autant que moi. »

Ces confidences mettent en lumière la ténacité et la résilience de Daniel Auteuil, qui a su transformer une difficulté personnelle en moteur de créativité et de persévérance. Si la dyspraxie reste incurable, elle n’a jamais empêché l’acteur de bâtir une carrière exceptionnelle ni de transmettre son expérience à son fils avec bienveillance.

En révélant ce trouble, Daniel Auteuil éclaire un défi encore méconnu, tout en inspirant ceux qui, comme lui, doivent composer avec des obstacles invisibles mais bien réels. Ses propos rappellent que le talent peut se développer malgré des limitations personnelles, et que la persévérance et l’autodidaxie restent des clés pour surmonter les difficultés imposées par la nature.

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