Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Les Lakers avancent dans une saison paradoxale, capables de produire un basket offensif de très haut niveau tout en laissant planer de sérieux doutes sur leurs ambitions finales. Malgré un effectif riche en talents et des ajustements visibles ces dernières semaines, une interrogation majeure continue de revenir dans les débats. Pour certains observateurs, il ne manque qu’un élément bien précis pour faire basculer Los Angeles dans une autre dimension.
Depuis le début de l’exercice 2025-2026, l’équipe californienne figure régulièrement parmi les meilleures attaques de la ligue. Portés par Luka Dončić, LeBron James et un Austin Reaves en pleine maturité, les Lakers savent sanctionner n’importe quelle défense. Pourtant, cette efficacité offensive ne suffit pas à masquer un déséquilibre persistant, notamment dans les moments où l’intensité monte.
La défense reste le point noir régulièrement pointé du doigt. Trop friables dans la raquette, trop souvent exposés sur les aides, les Lakers ont concédé plusieurs lourdes défaites face à des adversaires directs. Même si des progrès ont été observés collectivement, l’équipe peine encore à imposer une présence dissuasive près du cercle, un facteur pourtant déterminant en vue des playoffs.
Un pivot manquant pour franchir un cap
Dans son analyse, Kendrick Perkins n’a pas mâché ses mots au moment d’évoquer une alternative crédible. « Je ne peux pas les placer devant OKC, Denver ou les Spurs, mais ils frappent à la porte. Luka Dončić est l’un des plus grands joueurs offensifs que ce jeu ait connus. Les Lakers peuvent marquer contre n’importe qui. Le problème, quand on parle de titres, c’est l’autre côté du terrain », a-t-il expliqué, avant d’ajouter : « J’ai un souci avec Deandre Ayton. J’ai le sentiment qu’ils ne sont qu’à un pivot près, un joueur du profil de Daniel Gafford, pour devenir légitimes. Ayton ne joue pas avec assez de force ».
Sur le plan statistique, la régression d’Ayton est difficile à ignorer. Après un début de saison encourageant, sa production offensive a chuté mois après mois, tout comme son impact défensif. Son temps de jeu en baisse illustre le manque de confiance du staff, contraint de limiter son utilisation dans les moments clés, faute de garanties suffisantes.
Au-delà des chiffres, c’est surtout l’attitude et l’engagement qui interrogent. Ayton semble souvent en retard dans ses rotations, peu agressif au rebond et rarement intimidant près du cercle. Cette absence de constance oblige ses coéquipiers à compenser, désorganisant l’ensemble du dispositif défensif et exposant davantage les extérieurs.
À l’approche de la date limite des transferts, la direction des Lakers se retrouve donc face à un choix délicat. Faut-il persister avec Ayton en espérant un déclic, ou tenter un ajustement ciblé pour combler ce manque identifié par de nombreux analystes ? Une chose est sûre : pour Kendrick Perkins, sans un véritable pivot capable d’imposer sa présence, Los Angeles restera aux portes du cercle des vrais prétendants, sans jamais y entrer pleinement.
