Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Johnny Hallyday n’a jamais fait les choses à moitié. Dans la musique comme dans la vie, le rockeur a toujours vécu à fond, quitte à brûler la chandelle par les deux bouts. Parmi ses nombreuses addictions, la cigarette occupait une place centrale, presque indissociable de son image. Et selon les témoignages de ses proches, sa consommation quotidienne atteignait des sommets difficilement imaginables.
Johnny était convaincu qu’il ne ferait pas de vieux os. Pourtant, malgré une hygiène de vie plus que chaotique, il s’est éteint à 74 ans, en décembre 2017. Une longévité étonnante quand on connaît son rapport aux excès : alcool, drogues, nuits blanches et tabac faisaient partie de son quotidien. L’artiste, qui avait reconnu sans détour avoir consommé de la cocaïne, avait d’ailleurs stupéfié le corps médical lors de ses graves problèmes de santé en 2009.
À l’époque, un cardiologue ayant suivi le chanteur confiait sous couvert d’anonymat que sa consommation d’alcool était tout simplement « incroyable ». Mais s’il y avait bien une addiction constante, presque permanente, c’était celle de la cigarette. Johnny fumait tout le temps. En dehors des plateaux télé où cela devenait interdit, il était rare de le voir sans une clope à la main.
Son ami de toujours, Eddy Mitchell, avait d’ailleurs mis des chiffres sur cette dépendance dans une interview accordée au Parisien en 2015 :
« Moi je fume 10 cigarettes par jour, c’est un truc d’addiction. Mais Johnny fume beaucoup plus que moi. Lui, c’est trois paquets de gitanes par jour, tranquille ! »
Et pas n’importe lesquelles : des gitanes sans filtre. Un détail loin d’être anodin quand on mesure les dégâts potentiels sur la santé. Mais même ces trois paquets quotidiens, déjà vertigineux, n’étaient pas forcément le sommet de sa consommation.
Daniel Angeli, photographe et ami proche du rockeur, a livré un souvenir encore plus édifiant dans Paris Match en 2021 :
« Déjà, il ne faisait pas semblant sur la picole. Il pouvait être très difficile quand il avait bu. (…) On fumait des gitanes, une cartouche par jour à nous deux. »
Une cartouche représentant dix paquets, cela signifie que Johnny pouvait enchaîner jusqu’à cinq paquets par jour (!) lorsqu’il était avec lui. Une consommation extrême et quasi-suicidaire, qui suppose de fumer quasiment sans interruption, du matin au soir.
Avec le recul, il est presque miraculeux que le cancer du poumon n’ait pas emporté Johnny Hallyday bien plus tôt. Mais ces excès faisaient partie intégrante du personnage, de la légende, de cette vie rock’n’roll qu’il a assumée jusqu’au bout. Pour le mythe, et malheureusement aussi, pour le prix à payer.
