Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Figure établie de l’humour et du cinéma français, Artus n’hésite pas à s’exprimer sur des sujets qui le touchent profondément, à commencer par la relation des Français à l’alcool. Entre expériences personnelles dramatiques et observation d’une culture festive parfois excessive, il livre un constat sans filtre et appelle à un changement de mentalité.
Depuis sa séquence virale avec Léa Salamé, Artus s’est retrouvé malgré lui porte-parole de ceux qui choisissent de ne pas boire. Pas complètement à l’aise avec cette étiquette, comme il le reconnaît lui-même, l’humoriste, auteur du spectacle « Un p’tit truc en plus », revendique pourtant un regard critique sur les habitudes et la pression sociale autour de l’alcool en France.
Confronté à une culture où l’apéro est presque un rituel et où l’ivresse est banalisée, le comédien dénonce l’implicite pression sociale qui l’accompagne. Dans une interview accordée à L’entretien d’embauche il y a quelques mois, Artus expliquait son analyse sans détour :
« En France c’est cool de prendre l’apéro, limite c’est toi qui n’est pas cool si tu ne prends pas une bière. Un mec bourré ça fait rire, alors qu’une personne droguée non »
L’humoriste est également revenu sur ses expériences personnelles, révélant des excès ayant entraîné de graves conséquences sur sa santé, et qui l’ont conduit à changer radicalement son rapport à l’alcool :
« J’ai rapport à la boisson, et à tout, qui est excessif. Je ne bois pas au quotidien. Je ne prends pas une bière ou un verre de vin, ce n’est pas mon truc. Par contre, si je bois, c’est pour aller au bout de la nuit et faire la fête. Je ne sais pas faire le truc de boire un petit verre de temps en temps. Soit je bois beaucoup, soit je ne bois pas.
Je me mettais des grosses cuites, et j’ai commencé à faire des crises d’épilepsie… C’est d’une violence ! Ça fait tellement peur d’en faire que ça m’a vraiment aidé à arrêter. On convulse, on se fait très mal. Je me suis mordu la langue très fort, j’ai eu les vaisseaux du visage qui explosent parce que tout se tend… Et le pire, c’est qu’après tu ne te souviens pas et tu es complètement désorienté. J’aurais pu sauter par la fenêtre si elle avait été ouverte »
Aujourd’hui, mieux dans sa tête et dans son corps, Artus a adopté une consommation beaucoup plus modérée, tout en continuant à pointer du doigt les habitudes et la mentalité françaises. Ses propos rappellent les dangers de l’excès et proposent une réflexion importante sur un sujet encore trop souvent banalisé, alors que l’alcool cause chaque année de nombreux décès en France.
