Avec du recul, Corinne Touzet sans concession sur sa vie privée à 20-30 ans : « J’étais un peu trop…

Corinne Touzet
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Longtemps associée à une image solaire et rassurante, Corinne Touzet a pourtant entretenu un rapport bien plus complexe avec elle-même. Derrière les rôles populaires et la notoriété, l’intime a souvent été source de doutes et d’inconfort. Désormais sexagénaire, l’actrice regarde son passé avec lucidité. Et ses confidences, livrées sans filtre, bousculent les idées reçues.

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Figure bien connue de la télévision française, Corinne Touzet a traversé les décennies sous le regard du public, souvent perçue comme une femme sûre d’elle et parfaitement à l’aise dans sa peau. Une image largement trompeuse. Dès ses débuts, l’actrice a dû composer avec un physique jugé hors normes pour l’époque et une relation difficile à son propre corps. Des complexes tenaces, nourris par les standards imposés au début de sa carrière, qu’elle assume aujourd’hui avec une grande franchise.

Invitée il y a quelques mois dans le podcast Dhombres et Lumières, Corinne Touzet est revenue en détail sur les complexes qui l’ont longtemps accompagnée, notamment entre 20 et 30 ans. Elle expliquait combien ses formes, arrivées très tôt, ont pu peser sur sa construction personnelle et professionnelle :

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« À 20-30 ans, j’étais très gironde, un peu trop même ! Quand tu as des formes, tu inspires une image qui te dépasse et te met mal à l’aise , alors que toi, tu aimerais bien raser les murs ou porter des jeans serrés ! Je ne répondais pas aux critères de l’époque. J’étais gaulée année 60, donc ça n’allait pas. […] J’étais aussi trop brune et trop grande, ce qui n’allait pas non plus puisqu’il fallait que mes partenaires hommes soient plus grands »

L’actrice poursuivait en évoquant le regard extrêmement sévère qu’elle portait alors sur elle-même, bien loin de la perception extérieure. Un décalage qui l’a conduite à des pensées radicales dès l’adolescence :

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« C’est con car, quand je vois des photos de moi à l’époque, je me dit : ‘Qu’est-ce que j’étais jolie !’. Mais je ne m’en rendais pas compte, je me trouvais trop ronde, j’ai même supplié mes parents de me faire opérer vers l’âge de 14 ans. Quand je suis arrivée à Paris à 17 ans, tout le monde m’appelait Madame ! […] On me donnait des rôles à responsabilités alors que je tremblais des pieds à la tête. D’ailleurs lorsque je regarde des clichés de moi à l’époque, j’ai l’impression de voir un bébé déguisé en dame ! »

Cette gêne profonde vis-à-vis de son corps a également eu des répercussions directes sur sa carrière, notamment lorsqu’il s’agissait de scènes plus intimes. Là encore, Corinne Touzet n’a cherché ni à embellir ni à atténuer la réalité de ce qu’elle a vécu :

« Je suis quelqu’un de très pudique, du coup, j’ai toujours été mal à l’aise avec mon corps. Ça m’a porté préjudice dans mon travail, car j’avais du mal avec toutes les scènes d’amour. Il y a des femmes qui sont plus à l’aise avec ça et je les envie. Mais j’ai été élevée par des gens pudiques et je me faisais violence. Aujourd’hui, j’ai vieilli et je suis plus en paix avec ce corps »

Avec le temps, Corinne Touzet semble avoir trouvé une forme d’apaisement, loin des injonctions esthétiques et des standards rigides qui ont longtemps façonné son parcours. Une parole rare et honnête, qui éclaire autrement la trajectoire d’une actrice dont la fragilité est longtemps restée invisible derrière l’image publique.

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