D’ordinaire réservée, Patricia Kaas cash : « Une période difficile, le sentiment que la France…

Patricia Kaas
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Participer à l’Eurovision reste un exercice à quitte ou double pour les artistes français. Entre attentes démesurées, pression populaire et jugement immédiat, l’expérience peut laisser des traces durables. En 2025, Louane en a fait l’amère expérience. Bien avant elle, une autre grande voix avait déjà payé le prix fort de cette aventure : Patricia Kaas.

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Figure majeure de la chanson française depuis la fin des années 1980, Patricia Kaas a accepté de représenter la France à l’Eurovision en 2009. Un choix audacieux pour une artiste déjà solidement installée, à une époque où peu de stars confirmaient osaient s’y risquer. Si la chanteuse a décroché une honorable huitième place, ce résultat a pourtant marqué le début d’une période particulièrement éprouvante. Sur le plan médiatique comme personnel, l’après-Eurovision s’est révélé bien plus violent qu’elle ne l’avait imaginé.

D’ordinaire très discrète dans les médias, l’interprète de « Mademoiselle chante le blues » est revenue il y a quelques mois sur cet épisode délicat. Invitée sur les ondes de Nostalgie, au micro de Jean-Luc Reichmann, Patricia Kaas a accepté de mettre des mots sur ce qu’elle a vécu à l’issue du concours. Elle y évoquait une pression inédite, presque écrasante :

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« On n’y va pas pour ne pas gagner. Après, huitième, je ne sais pas… C’était une période difficile dans ma vie. J’avais le sentiment que la France entière m’en voulait parce que je n’ai pas ramené le trophée. C’était une période très difficile. »

Avec le recul, la chanteuse reconnaît avoir été profondément affectée par le regard supposé des autres, au point de s’enfermer dans une culpabilité qu’elle a elle-même nourrie. Toujours lors de cet entretien, Patricia Kaas détaillait ce malaise persistant, expliquant comment elle s’est peu à peu convaincue d’avoir déçu tout un pays :

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« Quand je marchais dans la rue, quand les gens me regardaient, je me disais : ‘Waouh ! Encore quelqu’un qui se dit : ‘Purée, elle n’a pas ramené la coupe à la maison’. Je me suis fait un film, donc si c’était à refaire, je te dirais non. En plus, la chanson était bien. Mais bon, c’est comme ça ! Le fait que j’ai accepté de faire ça a ouvert une image un peu différente sur ce qu’est l’Eurovision. Après moi, beaucoup d’artistes connus ont commencé à participer. (…) Je suis contente pour ça. J’avais peur, c’était l’horreur. Alors que j’en avais fait de la scène avant… »

Ces confidences mettent en lumière une réalité souvent minimisée : l’Eurovision peut être un formidable tremplin, mais aussi une épreuve psychologique redoutable, même pour les artistes les plus aguerris. En brisant le silence, Patricia Kaas rappelle que derrière les paillettes du concours se cache parfois une violence symbolique difficile à encaisser. Un témoignage qui résonne aujourd’hui avec celui de figures plus récentes, et qui éclaire d’un jour plus nuancé ce grand rendez-vous musical européen.

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