Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Dans la famille Gainsbourg, les trajectoires artistiques s’entrecroisent sans jamais se confondre. Lulu Gainsbourg et Charlotte Gainsbourg partagent un nom chargé d’histoire, mais aussi une relation faite de pudeur et d’indépendance. C’est en tout cas ce que laissent transparaître les propos de l’artiste de 40 ans, qui ne sont pas passés inaperçus.
Fils de Serge Gainsbourg et frère cadet de Charlotte Gainsbourg de quatorze ans son aînée, Lulu Gainsbourg a grandi dans une constellation artistique hors norme. Face à Charlotte Gainsbourg, installée depuis plusieurs années à New York et mère de trois enfants, le musicien mène sa propre carrière, entre projets personnels et retours en studio.
Si leurs vies ne suivent pas le même tempo, elles n’en demeurent pas moins connectées. En 2018, dans les colonnes de Paris Match, Lulu Gainsbourg évoquait avec simplicité cette relation à distance, sans surjouer la proximité ni la dramatiser, mais avec une once bien perceptible de tendresse :
« Charlotte habite à New York, est maman de trois enfants, voyage beaucoup. Moi aussi, mais pas au même rythme. Mais quand on se voit, c’est comme si on s’était parlé la veille. »
Une phrase qui résume bien l’équilibre qu’ils ont trouvé : une affection évidente, mais une indépendance assumée. Par ailleurs, Lulu Gainsbourg ne cherche ni validation permanente ni regard appuyé de sa sœur sur ses choix artistiques. Alors qu’il retourne en studio avec un nouvel album, il ne ressent pas le besoin de solliciter son avis, comme il l’a fait savoir auprès de la presse :
« Son regard sur mon travail ? Je n’en ai aucune idée et ça m’est égal d’être au courant ou pas, en réalité. Je ne me vois pas demander aux uns et aux autres ce qu’ils pensent de mon travail »
Des propos qui traduisent une volonté claire : tracer sa route sans s’appuyer sur le poids du nom ou sur l’approbation familiale. Lulu Gainsbourg avance avec une forme de détachement serein, conscient de l’héritage qui est le sien mais déterminé à construire sa propre identité artistique.
Entre eux, pas de fusion permanente ni d’exposition excessive. Simplement une relation fraternelle solide, capable de traverser les kilomètres et les emplois du temps chargés. Une complicité mature, à l’image de deux artistes qui ont appris à exister chacun pour soi, sans jamais rompre le fil familial.
