L’ayant très bien connu, Marie-Anne Chazel cash sur Coluche dans le privé : « C’était pas du tout…

Marie-Anne Chazel et Coluche
France TV (DR) / INA (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Avant de devenir des figures incontournables de l’humour français, Marie-Anne Chazel et Coluche ont partagé les mêmes débuts dans l’effervescence du café-théâtre parisien des années 1970. Une époque de galères, de débrouille et de créativité intense, où les rencontres comptaient autant que le talent... et où les visions divergeaient parfois.

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Vivier de créativité, le Paris des années 1970 a accouché de grandes stars de l’humour français. À ce moment-là, Marie-Anne Chazel faisait ses gammes avec le Splendid et évoluait dans une troupe soudée, attachée à un fonctionnement collectif et égalitaire. De son côté, Coluche imposait déjà une personnalité puissante, forgée par une vision très personnelle du spectacle.

Au micro de Europe 1, Marie-Anne Chazel est d’ailleurs revenue il y a quelques mois sur cette période où leurs chemins se sont croisés dans des cafés-théâtres voisins. Elle évoquait des souvenirs forts, teintés d’admiration :

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« Quand on a débuté, on était dans une petite impasse où on avait fait un petit café-théâtre. Et lui, Michel (Coluche, ndlr), était en face. Il avait un petit café-théâtre qu’il venait de mettre aussi en état parce qu’il n’était plus au café de la Gare. Il l’avait quitté et avait fait une petite troupe avec Bernard Lamotte, Christine Dejoux. Ils faisaient des spectacles. C’est là qu’on s’est rencontrés, qu’on a sympathisé, qu’on a passé des moments mémorables, des moments de rire. Son spectacle était invraisemblable ! On a beaucoup sympathisé. Son esprit nous plaisait et lui aimait beaucoup notre humour »

Mais derrière cette complicité, une incompatibilité de fond s’est vite imposée. Lorsque l’idée d’intégrer Coluche au Splendid a été évoquée, la troupe a préféré refuser. Non pas par manque d’estime, mais parce que leurs visions du travail étaient irréconciliables. Toujours sur Europe 1, l’actrice poursuivait :

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« Nous, Michel, qu’on aimait beaucoup, qu’on estimait, on savait qu’on n’arriverait pas à travailler avec lui, parce qu’on n’avait pas du tout la même mentalité. Michel, c’était un chef, c’était un leader, c’était par moments un tyran. C’était un homme d’autorité, c’est lui qui décidait. D’ailleurs, il avait une vision. Mais il voulait l’imposer aux autres ! Nous, on était une troupe, on était des artisans, tout le monde était à égalité. Il n’y avait pas de metteur en scène. Les auteurs, c’était collectif. C’était pas du tout la même mentalité. »

Un témoignage franc qui éclaire une facette plus intime de Coluche : un artiste visionnaire, charismatique, mais profondément attaché à son rôle de leader. Pour Marie-Anne Chazel et le Splendid, l’équilibre du collectif primait. L’admiration était réelle, l’amitié aussi, mais cela ne suffisait pas à effacer des différences structurelles dans la manière de créer.

Avec le recul, ces confidences dessinent le portrait d’une époque où les trajectoires se croisaient sans forcément se rejoindre — et où le génie pouvait parfois rimer avec intransigeance.

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