En mode balance, l’aveu peu reluisant de Johnny Hallyday sur Jacques Brel : « Avant de monter sur scène, il…

Johnny Hallyday et Jacques Brel
France TV (DR) / INA (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Longtemps considéré comme un véritable oiseau de nuit, Johnny Hallyday semblait capable d’enchaîner les soirées sans jamais flancher. Habitué aux excès et aux nuits sans sommeil, le rockeur donnait l’image d’un homme infatigable. Pourtant, même le Taulier a fini par trouver plus endurant que lui. Et c’est nul autre que Jacques Brel qui l’a poussé dans ses retranchements. Et cela en dépit d’une habitude pas franchement reluisante !

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Chacun à leur manière, Johnny Hallyday et Jacques Brel ont marqué leur époque. Le premier, incarnation du rock à la française, vivait à cent à l’heure, tandis que le second, poète habité, semblait animé d’une énergie inépuisable. Entre eux, une amitié forte s’est nouée, faite de voyages, de nuits blanches et d’instants hors du temps. Une relation au cours de laquelle l’interprète de « Que je t’aime » a découvert quelqu’un capable de le dépasser.

Figure iconique du paysage musical français, Johnny Hallyday n’a jamais caché son goût pour les excès. Mais face à Jacques Brel, artiste au tempérament entier, même lui a dû reconnaître ses limites. Le chanteur belge, connu pour son intensité et son exigence, semblait ne jamais ralentir, même après des nuits entières sans repos.

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Dans les colonnes de Paris Match en 2012, le rockeur s’était confié sans filtre sur cette amitié hors norme, en révélant notamment la fâcheuse habitude de Brel avant chaque gala :

« J’étais très ami avec Jacques Brel, il était tellement traqueur qu’il vomissait avant de monter sur scène […]. Une amitié très forte nous liait. Il me conduisait à mes concerts avec son petit avion, qu’il pilotait. Brel adorait aller dans les bars à fille. Il connaissait tous les bars et toutes les prostituées des villes de province. Il ne faisait jamais rien avec elles, il était juste leur pote et elles, ses amies. Il leur offrait le champagne à toutes et refaisait le monde avec elles jusqu’à 5 heures du matin

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Je me souviens d’un soir où je chantais près de Deauville. Il était resté dans le hall du Normandy à boire des bières avec moi jusqu’à 8 heures du matin. Il devait m’emmener avec son petit avion à 200 kilomètres de là, pour déjeuner. Je lui dit : ‘Bon, on va dormir un peu’. A peine étions-nous couchés qu’il m’appelait en me disant : ‘T’es pas encore prêt ?’ Il m’a suivi comme ça toute une semaine. Lui, toujours en pleine forme, moi j’étais mort ! »

À travers ce témoignage, Johnny Hallyday dévoilait une facette plus brute de Jacques Brel, à la fois exigeant et insatiable. Là où le rockeur finissait par accuser le coup, l’interprète de « Ne me quitte pas » poursuivait, imperturbable, porté par une énergie hors norme.

Cette anecdote illustre la démesure de deux artistes hors du commun, mais aussi l’admiration sincère que Johnny Hallyday pouvait éprouver pour ceux capables d’aller encore plus loin que lui. Derrière la légende du Taulier intenable, se cachait aussi un homme lucide, capable de reconnaître ses propres limites face à une personnalité tout aussi exceptionnelle.

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