Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Les débuts de carrière réservent parfois des expériences marquantes, surtout lorsqu’ils se déroulent aux côtés de figures déjà installées. Pour Claire Keim, une rencontre en particulier a laissé une empreinte durable. Face à Francis Huster, l’actrice a vécu un épisode aussi déstabilisant que formateur, sur lequel elle est revenue avec franchise.
Actrice et chanteuse reconnue aujourd’hui, Claire Keim a fait ses premiers pas au célèbre Cours Florent, passage incontournable pour de nombreux comédiens. C’est dans ce cadre qu’elle croise Francis Huster lors d’un stage estival. À l’époque encore très jeune et sensible, elle se retrouve confrontée à une méthode qu’elle juge, avec le recul, particulièrement rude, même si elle ne la considère pas comme malveillante. Invitée sur France Inter, elle racontait ce moment qui l’a profondément marquée :
« Il m’avait bien allumé, mais un peu bêtement en fait. C’est pas méchant ce qu’il a fait, mais moi qui était à fleur de peau, je pense que ça m’a vraiment brutalisée… J’étais les yeux écarquillés au premier jour avec toute l’équipe, et puis il avait demandé quels étaient les gens qui se payaient leur stage eux-mêmes. Moi j’avais levé la main, je sais pas pourquoi il s’est intéressé à moi, et il a fait : ‘Ah oui, toi tu te payes ton stage toute seule, que fait ton papa, que fait ta maman ?’ Et je lui dis ce que faisaient mes parents (architecte et dentiste, ndlr). Puis il me rentre dans le lard gratos. Moi, ça m’a tellement fragilisée, que ça m’a un peu remise en question, mais ça a aussi fait naître une espèce de colère… »
Un souvenir difficile, qui aurait pu laisser des traces durables. Pourtant, les chemins des deux artistes se croisent à nouveau quelques années plus tard, dans un contexte bien différent. En 2004, ils partagent l’affiche de la série Zodiaque sur TF1, une collaboration qui va profondément changer le regard de la comédienne.
Toujours sur France Inter, Claire Keim évoquait cette relation apaisée, faite d’admiration et de nuances :
« Quand on s’est retrouvé avec Francis, c’est quelqu’un qui met beaucoup les autres en valeur, il aime beaucoup que les gens soient bien autour de lui. On a eu une super relation. On s’est un peu rentré dedans, mais avec beaucoup de tendresse. Il peut pas s’empêcher de faire (certaines choses), mais c’est hyper difficile d’en parler parce que j’accepte de Francis des choses que je n’accepterais pas de quelqu’un d’autre, mais chez lui, il n’y a pas de vice. Parfois, il est complètement fou furieux, c’est juste ça, mais je pense qu’il y a une profondeur, une intensité chez lui. Moi j’adore ce mec-là, il est complètement taré »
Avec le recul, ce témoignage met en lumière la complexité des relations dans le monde artistique. Entre rudesse initiale et complicité retrouvée, Claire Keim dresse le portrait d’un homme excessif mais sincère. Une expérience marquante, qui illustre combien les débuts peuvent bousculer, mais aussi faire grandir.
