Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Quarante-huit ans après sa disparition, Claude François continue de susciter débats et controverses. Entre hommages et accusations, sa personnalité demeure au cœur de récits parfois opposés. Ces derniers mois, plusieurs témoignages sont venus ternir son image, relançant les interrogations sur son comportement en coulisses. Face à ces prises de parole, une autre voix bien connue du public a décidé d’apporter un éclairage différent.
Figure majeure de la chanson française, Sheila a côtoyé Claude François au sommet de leur carrière dans les années 1970. À cette époque, les deux artistes dominaient les hit-parades et incarnaient pleinement la vague yé-yé. Alors que des personnalités comme Stone ou Sophie Darel ont récemment livré des récits très critiques et accusateurs à son sujet, l’interprète de « Spacer » a tenu à partager son expérience personnelle, bien différente de ces témoignages à charge.
Dans un entretien accordé au magazine VSD, la chanteuse de 80 ans s’est exprimée sans détour, décrivant un homme exigeant et parfois difficile, mais loin de l’image sombre qui circule aujourd’hui. Elle a ainsi dressé le portrait d’un artiste complexe, mêlant défauts assumés et qualités indéniables :
« Il ne m’a jamais lâchée. C’était un casse-couilles oui, c’était un type toujours en retard, oui, qui avait un caractère de cochon, oui. Mais il avait tellement d’autres qualités… C’était un mec qui avait beaucoup de talent, un avant-gardiste. C’est comme Michael Jackson, il y a des gens qui l’ont sali après sa mort. Claude François n’était certes pas parfait, mais je peux vous dire que c’était un fidèle en amitié.«
Une déclaration qui tranche nettement avec les accusations formulées par d’autres figures du milieu. Sophie Darel, notamment, a affirmé que le chanteur aurait eu un comportement déplacé à son égard, évoquant une tentative (très) insistante dans un contexte privé. De son côté, Stone a également décrit une attitude persistante et appuyée de la part de l’interprète d’Alexandrie Alexandra. Des récits qui continuent d’alimenter une image plus controversée de celui que le public surnommait Cloclo.
Pour Sheila, cependant, le souvenir reste celui d’un artiste animé par une énergie hors norme et une rigueur professionnelle marquée. Elle insiste également sur une certaine loyauté dans les relations humaines, évoquant un homme capable d’attachement sincère. La chanteuse n’a d’ailleurs jamais oublié les mises en garde que Claude François lui avait adressées à propos de sa relation avec Ringo, dont l’histoire s’est révélée, avec le temps, particulièrement compliquée.
Entre témoignages accablants et paroles plus nuancées, la mémoire de Claude François demeure profondément divisée. À travers la voix de Sheila, c’est une autre facette de l’artiste qui refait surface, rappelant que derrière les icônes se cachent souvent des personnalités complexes, dont l’héritage continue de susciter des lectures multiples et parfois irréconciliables.
