Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Quinze ans après le triomphe international de The Artist, certains souvenirs refont surface avec davantage de recul. Pour Bérénice Béjo, cette période intense a été à la fois une consécration et une expérience marquante sur le plan personnel. Derrière les récompenses et l’euphorie médiatique, tout ne s’est pas déroulé comme elle l’aurait espéré. Et avec les années, la comédienne a choisi de revenir sur ce qu’elle avait longtemps gardé pour elle.
Figure très connue du cinéma français, Bérénice Béjo a marqué durablement le grand écran aux côtés de Jean Dujardin. De OSS 117 : Le Caire, nid d’espions à The Artist, leur duo s’est imposé comme l’un des plus emblématiques de leur génération. Mais si ce dernier long-métrage a conquis Hollywood et valu à ses interprètes une reconnaissance mondiale, la promotion qui a accompagné ce succès n’a pas laissé à l’actrice un souvenir totalement équilibré.
C’est en 2014, dans un entretien accordé au magazine Grazia, que l’interprète de Peppy Miller a décidé de mettre des mots sur un ressenti longtemps tu. Revenant sur cette période, elle expliquait pourquoi elle avait préféré garder le silence face à une médiatisation qu’elle jugeait déséquilibrée :
« La presse a mis plus en avant Jean Dujardin que moi, pendant la promotion. Je ne me suis pas exprimée sur cette situation. Je n’ai jamais voulu déclencher de polémique, mais c’est pourquoi, quand on m’a remis le César de la meilleure actrice, j’ai dit : “Je le voulais !” Parce que je le voulais vraiment. »
Une déclaration tardive, mais sans détour. Loin de pointer du doigt son partenaire, la comédienne a tenu à replacer la responsabilité ailleurs, estimant que cette différence de traitement ne relevait ni d’elle ni de l’acteur oscarisé :
« Ce n’est ni sa faute, ni la mienne : c’est celle des médias. »
Malgré cet épisode, leur collaboration n’a jamais été entachée. Bien au contraire, Bérénice Béjo a souvent évoqué avec humour et tendresse les souvenirs de cette tournée promotionnelle hors norme. Invitée dans l’émission C à Vous, elle racontait l’état de fatigue extrême dans lequel elle et Jean Dujardin avaient fini par se retrouver :
« C’était très compliqué. On a fini complètement taré avec Jean. Moi, je faisais ses réponses et lui faisait les miennes. Je pense qu’il y a des interviews complètement loufoques parce qu’on disait vraiment n’importe quoi. Je ne savais même plus ce que je disais. J’entendais “chien” et je répondais un truc sur les chiens, j’entendais “claquettes” et je répondais “claquettes”. »
Avec le recul, cette période reste un moment charnière dans la carrière de l’actrice. Entre reconnaissance internationale et questionnements sur la visibilité, elle illustre les contrastes d’un succès mondial. Bérénice Béjo rappelle aujourd’hui que derrière l’euphorie des récompenses, certaines réalités persistent, notamment sur la place accordée aux femmes dans le paysage médiatique.
