Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Figure incontournable du divertissement français, Patrick Sébastien n’a jamais fait mystère de son franc-parler, notamment lorsqu’il évoque ses rencontres avec les figures du pouvoir. Dans son ouvrage Le carnaval des ambitieux, il revient sans détour sur ses expériences aux côtés du couple formé par Jacques Chirac et Bernadette Chirac, livrant un portrait bien différent de l’image publique de cette dernière.
Figure marquante de la vie politique française, Bernadette Chirac, épouse de Jacques Chirac, a longtemps incarné une certaine idée de rigueur et de tradition au sommet de l’État. Mais dans Le carnaval des ambitieux, Patrick Sébastien, habitué des coulisses du pouvoir, dresse un portrait bien plus nuancé. L’animateur, qui entretenait une relation privilégiée avec le chef de l’État, a eu l’occasion de fréquenter le couple dans un cadre plus intime, révélant ainsi des aspects moins connus de leur quotidien.
Au fil des pages, le présentateur du Plus Grand Cabaret du monde évoque une attitude parfois à double visage. S’il se souvient d’une Bernadette Chirac irréprochable à son égard, il souligne également des comportements bien différents envers d’autres personnes, notamment le personnel qui l’entourait au quotidien. Selon lui, cette différence de traitement traduisait une autorité affirmée, voire redoutée.
« Elle a toujours été charmante avec moi. Irréprochable. Ce n’était pas toujours le cas avec d’autres, en particulier le petit personnel, avec qui elle était cassante, autoritaire. Elle a pris possession de l’Élysée comme d’un royaume sur lequel elle imposait ses quatre volontés en matrone. »
Un témoignage qui tranche avec l’image publique souvent associée à l’ancienne première dame. Mais ce n’est pas le seul souvenir marquant rapporté par l’animateur.
L’ancien complice du chef de l’État revient notamment sur une soirée particulière, lorsque Bernadette Chirac avait accepté de devenir marraine d’une émission spéciale du Plus Grand Cabaret du 31. Un moment qu’il attendait avec enthousiasme, mais qui s’est révélé bien plus compliqué pour ceux chargés de l’accompagner.
« Quand elle a été marraine de l’émission, c’était un rêve pour moi, pas loin d’un cauchemar pour ses accompagnants. Chipoteuse, intraitable, limite méprisante. Chiante, quoi ! Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les plus proches de ses gardes du corps.
L’un d’eux s’est même fait rabrouer vertement trois fois pour une bouteille de Perrier, car la première était trop tiède, la deuxième trop froide et la troisième insuffisamment pétillante. En allant chercher la quatrième, le garde du corps est passé devant (moi) et a murmuré : « Putain ! Je crois que sa bouteille de Perrier, je vais finir par la lui mettre dans le… »
À travers ces anecdotes, Patrick Sébastien esquisse le portrait d’une femme de caractère, fidèle à une vision stricte de l’autorité et du protocole. Si certains y verront une exigence légitime liée à son statut, d’autres retiendront une facette plus dure, rarement exposée au grand public. Une manière de rappeler que les figures les plus connues réservent parfois leurs traits les plus marquants à ceux qui les côtoient dans l’ombre.
