Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
À 38 ans, Artus n’a jamais eu peur de parler franchement de ses excès comme de ses prises de conscience. Derrière son humour et son image de bon vivant, le comédien porte aujourd’hui un regard beaucoup plus critique sur certaines habitudes profondément ancrées dans la société française. Et notamment sur la place de l’alcool dans les relations sociales.
Figure populaire de l’humour français, Artus s’est imposé ces dernières années comme l’un des visages incontournables du divertissement. Entre ses spectacles et le succès de Un p’tit truc en plus, l’humoriste multiplie les projets tout en assumant une parole plus personnelle sur son rapport à la fête et aux addictions. Une réflexion nourrie par son propre vécu, loin des discours moralisateurs.
Face à une culture où l’apéritif reste presque un passage obligé, le comédien estime que ceux qui refusent de boire sont encore perçus comme des marginaux. Invité dans L’entretien d’embauche il y a quelques mois, Artus s’était montré particulièrement agacé par cette mentalité très française :
« En France c’est cool de prendre l’apéro, limite c’est toi qui n’est pas cool si tu ne prends pas une bière. Un mec bourré ça fait rire, alors qu’une personne droguée non »
L’acteur est également revenu sur les excès qui ont longtemps rythmé sa vie. Un comportement qu’il décrit aujourd’hui comme incontrôlable, au point d’avoir mis sa santé en danger :
« J’ai rapport à la boisson, et à tout, qui est excessif. Je ne bois pas au quotidien. Je ne prends pas une bière ou un verre de vin, ce n’est pas mon truc. Par contre, si je bois, c’est pour aller au bout de la nuit et faire la fête. Je ne sais pas faire le truc de boire un petit verre de temps en temps. Soit je bois beaucoup, soit je ne bois pas. »
Avec le recul, Artus reconnaît que cette spirale a fini par provoquer de graves conséquences physiques. Toujours dans le même entretien, l’humoriste racontait sans détour les crises d’épilepsie provoquées par ses abus :
« Je me mettais des grosses cuites, et j’ai commencé à faire des crises d’épilepsie… C’est d’une violence ! Ça fait tellement peur d’en faire que ça m’a vraiment aidé à arrêter. On convulse, on se fait très mal. Je me suis mordu la langue très fort, j’ai eu les vaisseaux du visage qui explosent parce que tout se tend… Et le pire, c’est qu’après tu ne te souviens pas et tu es complètement désorienté. J’aurais pu sauter par la fenêtre si elle avait été ouverte »
Aujourd’hui plus apaisé, Artus affirme avoir profondément changé son rapport à l’alcool. Sans donner de leçon, il continue néanmoins de dénoncer une banalisation qu’il juge dangereuse, dans un pays où la pression sociale autour de la fête reste particulièrement forte. Une parole rare, portée par quelqu’un qui connaît désormais les limites de ces excès.
