Valeria Bruni-Tedeschi cash sur la France : « Ce n’est pas politiquement correct de le dire, mais ce pays est devenu…

Valeria Bruni-Tedeschi
Canal+ (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

À chacune de ses apparitions, Valeria Bruni-Tedeschi cultive une parole libre et sans détour. L’actrice et réalisatrice franco-italienne, connue pour ses choix artistiques souvent exigeants, ne cache jamais ses opinions, même lorsqu’elles risquent de susciter le débat. Il y a quelques mois, à l’occasion de la sortie de L’art de la joie, la sœur de Carla Bruni a justement livré une analyse très critique de l’évolution culturelle française.

Publicité

Figure reconnue du cinéma d’auteur franco-italien, Valeria Bruni-Tedeschi s’est imposée au fil des années grâce à des rôles intenses et des projets souvent éloignés des productions consensuelles. Habituée des œuvres complexes et des personnages tourmentés, la comédienne a naturellement trouvé sa place dans L’art de la joie, une série ambitieuse explorant sans filtre les contradictions humaines et les rapports de domination.

Pourtant, malgré les critiques positives reçues par le programme, sa diffusion en France est restée relativement discrète. Une situation qui a surpris une partie du milieu audiovisuel, tant ce type de fiction suscite habituellement l’intérêt des diffuseurs et des plateformes. Finalement achetée par T18, une chaîne encore peu installée dans le paysage télévisuel français, la série n’a pas bénéficié de l’exposition espérée.

Publicité

Une réalité que Valeria Bruni-Tedeschi analyse comme le symptôme d’un changement plus profond dans la société française. Dans les colonnes de Télé-Loisirs, l’actrice n’a pas hésité à livrer une opinion particulièrement tranchée sur le sujet :

« Je pense qu’aujourd’hui, la France est devenue un pays très puritain. Bon, ce que je dis n’est peut-être très politiquement correct, mais tant pis. Il semble qu’il y ait une réticence à accepter la complexité du monde. Pour ma part, je ne trouve pas que cette série soit scabreuse, obscène ou même vulgaire. Au contraire, il est élégant et intelligent. Il aborde la complexité de l’être humain. Le puritanisme du moment a peur de raconter la complexité humaine. Voilà comment je m’explique — tristement — le peu d’enthousiasme en France pour ce programme… »

Publicité

Des propos assumés, à l’image d’une artiste qui revendique depuis toujours une totale liberté de création. Pour Valeria Bruni-Tedeschi, le problème ne vient pas du caractère provocateur de la série, mais plutôt de la difficulté croissante à accepter des œuvres qui montrent les zones d’ombre de l’être humain sans chercher à les lisser.

L’actrice franco-italienne pointe ainsi un climat culturel qu’elle juge plus frileux qu’auparavant, où certains sujets ou certaines représentations deviennent plus compliqués à porter à l’écran. Une évolution qu’elle observe avec inquiétude, estimant que la peur de choquer prend désormais parfois le dessus sur la prise de risque artistique.

Avec cette sortie, Valeria Bruni-Tedeschi relance aussi un débat récurrent dans le cinéma et l’audiovisuel français : celui de la place accordée aux œuvres dérangeantes ou audacieuses. Entre prudence des diffuseurs, attentes supposées du public et climat sociétal plus sensible, la comédienne regrette un manque d’appétit pour les récits complexes. Une position fidèle à son parcours, elle qui a toujours défendu un cinéma libre, imparfait et profondément humain.

Pop culture