Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, Emmanuel Macron a toujours assumé son attachement au vin, qu’il considère comme un élément à part entière de la culture française. Contrairement à certains responsables politiques plus prudents sur le sujet, le chef de l’État n’a jamais caché ses habitudes ni son goût pour l’œnologie. Mais certaines de ses déclarations ont aussi suscité des critiques dans le monde médical. Au point de relancer le débat sur la consommation d’alcool et les messages envoyés au grand public.
Figure centrale de la vie politique française depuis 2017, Emmanuel Macron a régulièrement évoqué son rapport au vin lors d’interviews ou de déplacements liés au monde viticole. Héritier d’une tradition familiale où cette boisson occupait une place importante, le président a souvent défendu une consommation qu’il présente comme culturelle et modérée. Une vision qu’il exposait notamment lors de sa première campagne présidentielle :
« J’ai été élevé par mes grands-parents qui avaient cette formule : “Le vin rouge est un antioxydant”. Il n’y avait pas de caractère culpabilisant. Un repas sans alcool, c’est un peu triste. Le vin égaye un repas. C’est la possibilité de découvrir de nouveaux arômes, de nouvelles sensations. Évidemment, il faut le faire avec modération. Mais cela participe de notre civilisation. »
Mais quelques années plus tard, une autre déclaration du président a davantage fait réagir. Emmanuel Macron avait en effet indiqué consommer du vin « tous les jours, midi et soir », une habitude jugée problématique par certains spécialistes de santé publique.
Parmi eux, l’épidémiologiste Catherine Hill s’était montrée particulièrement critique à l’égard du chef de l’État. Interrogée sur cette consommation en 2018, elle estimait que celle-ci dépassait les recommandations sanitaires. La spécialiste déclarait ainsi :
« Il est dans la moyenne, c’est un peu trop. Les lobbys lui ont dit que cela protégeait des maladies cardiovasculaires, mais le bilan global, ce n’est pas du tout ça. Ses informations sont périmées, datées et viennent de l’industrie. Emmanuel Macron est mal informé et il boit trop. »
Au-delà du cas du président, Catherine Hill élargissait son analyse aux habitudes de consommation des Français, qu’elle jugeait globalement excessives malgré les campagnes de prévention. Toujours sur ce sujet, elle expliquait :
« Les Français boivent trop, il n’y a pas de doute là-dessus ! Si on prend tout ce qui est mis sur le marché, vins, bières, spiritueux, et qu’on répartit uniformément sur toute la population de 15 ans et plus, on arrive à 2,6 verres par jour. Un verre, c’est 10 grammes d’alcool, c’est ce qu’on vous sert dans un bistrot. 2,6 verres par jour, cela fait beaucoup plus que les dix verres par semaine que l’on recommande de ne pas dépasser. »
Si Emmanuel Macron continue de défendre un rapport culturel au vin, ses déclarations sur sa consommation personnelle alimentent régulièrement les discussions. Entre tradition française, santé publique et exemplarité attendue d’un président de la République, le sujet reste particulièrement sensible et continue de faire débat.
