Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
La disparition tragique de Mathis, 19 ans, renversé par un chauffard en novembre 2025, avait suscité une vive émotion dans toute la France. Au-delà du drame, les réactions – mais aussi certains silences – de personnalités publiques avaient rapidement alimenté les débats. Parmi les prises de parole les plus commentées, celle de Géraldine Maillet n’était pas passée inaperçue.
Figure bien connue du paysage audiovisuel français, Géraldine Maillet s’était retrouvée au cœur de la polémique après avoir ciblé Omar Sy lors d’un débat télévisé. Habituée à défendre ses opinions avec franchise, la chroniqueuse avait estimé que l’acteur adoptait une attitude qu’elle jugeait incohérente selon les sujets abordés. Une critique formulée dans un contexte où les interventions des célébrités étaient particulièrement scrutées.
De son côté, Omar Sy s’était imposé depuis de nombreuses années comme l’une des personnalités les plus populaires du cinéma français. Régulièrement engagé sur des questions de société, notamment autour du racisme ou des violences policières, l’acteur n’avait toutefois pas réagi publiquement au décès de Mathis, un silence qui avait fait réagir plusieurs observateurs.
Sur le plateau de TBT9, Géraldine Maillet avait expliqué son malaise face à ce qu’elle considérait comme une indignation à géométrie variable. Selon elle, certaines prises de position de l’interprète d’Intouchables étaient systématiquement politiques, tandis que d’autres drames ne suscitaient aucune réaction de sa part :
« Chez Omar Sy, le tweet est politique. À chaque fois qu’il a des prises de position, c’est en gros : “je me sens moins en sécurité en France qu’aux États-Unis”. Il y a toujours une instrumentalisation de la police qui est raciste en France. C’est dégueulasse et ça me gêne. »
Cette sortie n’était toutefois pas la première de Géraldine Maillet à l’encontre de l’acteur. Déjà en octobre 2023, la romancière avait exprimé son incompréhension après le silence d’Omar Sy à la suite des attaques du 7 octobre en Israël. Elle estimait alors, sur le plateau de TPMP, que cette absence de réaction contrastait avec les engagements qu’il affichait habituellement sur d’autres sujets d’actualité :
« Il monte au créneau à chaque fois et là c’est un silence qui est dégueulasse. C’est tellement un manque de courage. Je ne sais pas où il est là, en train de tourner une série pour Netflix aux États-Unis ou je ne sais pas où il vit… Il nous donne tout le temps des leçons de courage, il nous parle de genou à terre pour lutter contre le racisme et là il n’est pas du tout au rendez-vous… »
Ces différentes déclarations avaient nourri un débat plus large sur la place des personnalités publiques dans les grands événements qui marquent la société. Pour certains, Géraldine Maillet pointait une exigence de cohérence entre les engagements affichés et les silences observés. Pour d’autres, elle allait trop loin en considérant que les célébrités devaient nécessairement s’exprimer sur chaque drame ou conflit.
Cette séquence illustre une nouvelle fois les attentes parfois contradictoires qui entourent les figures médiatiques. Entre liberté de parole, responsabilité symbolique et choix personnels, les interventions – comme les absences de réaction – continuent d’alimenter les débats bien au-delà des plateaux de télévision.
