NBA – « Ils m’ont dit : ‘Non coach, on ne va pas vous laisser faire ça’ »

L’entraineur NBA des Los Angeles Lakers Frank Vogel en discussion avec ses deux stars, LeBron James et Anthony Davis
Mark J. Terrill

Conclue par une joie ultime au moment de soulever le trophée Larry O’Brien, la saison des Lakers n’a pourtant rien eu d’un long fleuve tranquille. Un épisode a même mis Frank Vogel et ses joueurs dans une situation périlleuse, mais leur a finalement permis de développer une véritable alchimie.

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En octobre dernier, quelques jours avant que la saison NBA ne débute, les Lakers se trouvaient à plusieurs milliers de kilomètres des États-Unis. Au même titre que les Nets, ils prenaient part à une tournée en Chine pour continuer de développer le business de la ligue dans le pays. Ils ont finalement passé la majorité de leur séjour… à l’hôtel.

Daryl Morey, l’ancien GM des Rockets, avait alors mis le feu aux poudres avec un tweet venant au soutien des manifestants de Hong-Kong, en conflit ouvert avec l’Empire du Milieu. Les répercussions avaient été immenses, et ce sont toutes les relations entre la NBA et le marché asiatique qui s’en voyaient fragilisées.

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Un an plus tard, Frank Vogel, malgré toutes les péripéties qu’il a vécues depuis avec son équipe, garde un souvenir immaculé de cet épisode si particulier pour lui et son groupe. Récent invité du Lowe Post, l’entraîneur des Angelinos a livré des propos qui témoignent bien de la situation épineuse dans laquelle tout ce petit monde se trouvait.

Je me souviens me sentir relativement en sécurité, mais aussi un peu effrayé, parce qu’évidemment, dans un pays communiste, quand vous êtes en froid avec le gouvernement, ils ne sont pas obligés de vous laisser partir. Je ne pensais pas que ça allait en arriver jusque là, mais personne parmi nous ne savait vraiment…

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La NBA, par le biais de Daryl Morey et son tweet, et non pas par le soutien du message d’Adam Silver, mais celui de la liberté d’expression – qui est un des piliers de notre pays – se trouvait vraiment dans une position délicate avec le gouvernement chinois. Donc on avait l’impression d’être des ennemis de l’État, et que, d’une certaine manière, tout ça pouvait mal finir.



Finalement, malgré l’annulation des différentes conférences de presse et apparitions pour des sponsors, le match entre les deux franchises a bien eu lieu, et l’ensemble du cortège a pu effectuer le voyage retour sans difficulté. Quelques semaines plus tard, les Lakers rayonnaient durant la saison régulière, et s’installaient à la 1ère place de la conférence Ouest pour ne plus jamais la quitter.

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L’issue de cet exercice à l’entame et au déroulement si perturbé est désormais connu de tous, et tiendrait son origine dans ce fameux voyage en Chine selon Vogel. Il se remémore ainsi la cohésion qu’avaient affichée ses protégés au moment où la ligue lui avait demandé, ainsi qu’à Kenny Atkinson, d’être les premiers à prendre la parole pour apaiser les tensions.

« Non, on ne va pas vous laisser faire ça. On ne va pas laisser la ligue vous balancer dans ce bourbier. On apprécie votre démarche, Coach, mais non, ça n’arrivera pas. »

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D’un seul homme, les Lakers ont donc protégé leur coach, simplement arrivé à la tête du banc quelques semaines plus tôt, et fait montre d’une alchimie qui leur a plus tard permis d’aller chercher le titre. Dans une saison aussi perturbée par les aléas sociaux et politiques, seule une équipe affichant un esprit de groupe aussi marqué pouvait être sacrée à son terme.

Avant même le coup d’envoi de la saison 2019-20, les Lakers ont dû traverser une épreuve sans précédent qui leur a permis de tisser des liens immuables. Un an plus tard, ce sont bien ces mêmes liens qui leur ont donc permis de se placer au sommet de la ligue.

Frank Vogel Los Angeles Lakers NBA 24/24

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