Né à Sarcelles, le franco-algérien Riyad Mahrez cash : « Les Français sont en colère quand je dis ça, mais…

Le franco-algérien Riyad Mahrez
Le Carré (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Capitaine de l’Algérie à la CAN 2025, Riyad Mahrez reste plus que jamais une figure centrale du football maghrébin. À 34 ans, l’ailier formé en région parisienne assume toujours pleinement un choix qui a longtemps fait débat. Celui de tourner le dos à l’équipe de France pour défendre les couleurs des Fennecs. Un choix identitaire, mais aussi sportif, qu’il n’a jamais cherché à édulcorer. Quitte à froisser.

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Né à Sarcelles et formé dans le Val-d’Oise, Riyad Mahrez aurait pu prétendre à une carrière internationale sous le maillot bleu. Riyad Mahrez, révélé au grand public avec Leicester puis sacré multiple fois avec Manchester City, a pourtant toujours eu une idée claire en tête. Défendre l’Algérie, le pays de ses parents, et s’y inscrire dans la durée. Un engagement fort, aujourd’hui encore symbolisé par son brassard de capitaine lors de la Coupe d’Afrique des nations 2025.

Avec plus de 100 sélections, le meneur de jeu algérien fait partie des joueurs les plus capés et les plus influents de l’histoire récente des Fennecs. Et s’il a grandi en France, il n’a jamais caché que son attachement allait ailleurs. Une prise de position qui, par le passé, n’a pas toujours été bien accueillie de l’autre côté de la Méditerranée.

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Dans une interview accordée il y a quelques années, Riyad Mahrez était revenu sans détour sur les réactions suscitées par ses déclarations :

« Je me souviens avoir fait un jour une déclaration qui avait mis en colère les Français… J’aime la France, et ma mère vit ici en France, mais mon cœur est algérien. Personne ne peut changer cela. Et tout le monde doit respecter ce choix. »

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Un choix que certains ont longtemps tenté de minimiser, en avançant l’argument d’une non-sélection chez les Bleus. Une lecture que son ancien coéquipier en sélection, Nabil Bentaleb, avait fermement rejetée, rappelant le niveau atteint par Mahrez au sommet du football européen :

« Ce n’est pas parce qu’on ne m’a pas appelé en sélection de France que j’ai choisi l’Algérie. Arrêtons de dire ça. Prenez le cas de Mahrez. S’il n’avait pas choisi l’Algérie, n’allez pas me dire qu’il n’aurait pas été appelé en équipe de France, après tout ce qu’il fait. »

Mais au-delà de l’aspect affectif, l’actuel capitaine de l’Algérie avait également pointé du doigt une certaine vision du football en France, jugée trop axée sur le physique à ses débuts. Dans un entretien accordé en 2016 à La Gazette du Fennec, l’ancien joueur de Leicester s’était montré particulièrement franc :

« En France avant ils aimaient les grands, costauds, qui courent vite. Ça veut dire quoi ça ? Et les autres, on en fait quoi ? Quand ils ont vu l’Espagne et le Barça tout gagner, ils ont commencé à changer d’avis, à prendre conscience qu’on pouvait jouer au football de façon différente.
Et là, les mentalités françaises ont un peu évolué. Les gars ont commencé
à faire des conservations de ballon
à l’entraînement, beaucoup de jeux réduits… Mais il y a encore peu de temps, ce n’était pas ça en France. Ils ne peuvent pas me carotte, je connais le système… (rires) »

Des propos qui avaient fait réagir à l’époque, mais qui prennent aujourd’hui un relief particulier. À la CAN 2025, Riyad Mahrez guide une génération algérienne ambitieuse, en assumant pleinement son rôle de leader technique et symbolique. Loin des polémiques, mais fidèle à ses convictions.

Entre héritage familial, parcours atypique et réussite internationale, le Franco-Algérien n’a jamais cherché à plaire à tout le monde. Et à l’heure où il mène l’Algérie sur la scène continentale, son discours, lui, n’a pas varié d’un iota.

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