Par Rédaction | Sport
S’il est connu pour son calme et son élégance, Zinédine Zidane pouvait aussi perdre ses nerfs sur un terrain. L’ancien meneur de jeu des Bleus n’avait notamment pas mâché ses mots face à l’un de ses coéquipiers en sélection, Jérôme Rothen, lors d’un choc entre l’AS Monaco et le Real Madrid. Une scène que l’ancien Monégasque n’a jamais oubliée.
Au printemps 2004, l’AS Monaco réalisait un parcours exceptionnel en Ligue des Champions et venait de renverser le Real Madrid des Galactiques. Zinédine Zidane, alors star de l’équipe espagnole, avait vécu cette élimination comme une immense désillusion. Dans les dernières minutes, Jérôme Rothen avait gagné du temps au sol après une faute, ce qui avait provoqué la colère du Français :
« Relève-toi fils de pute ! »
Devenu consultant pour RMC, Jérôme Rothen n’a jamais nié avoir légèrement joué la montre sur cette action. Mais l’ancien joueur de Monaco avait surtout gardé en travers de la gorge les mots prononcés par Zinédine Zidane, avec qui il avait partagé le maillot de l’équipe de France :
« C’est un point noir pour moi, dans ma carrière, et dans la relation que je pouvais avoir avec Zizou. On se connaissait de l’équipe de France. À ce moment-là, je ne comprends pas parce que j’avais une bonne relation avec lui, même si ce n’est pas quelqu’un qui parle beaucoup. Sur cette action, il y a une faute sur moi. J’en rajoute, mais on est en fin de match. »
Rothen avait toutefois replacé l’incident dans son contexte : Monaco menait 3-1 et était en train d’éliminer le Real Madrid après avoir perdu 4-2 à l’aller. Pour le Français, la frustration de Zidane était donc compréhensible, même si elle n’excusait pas l’insulte :
« On mène 3-1, on est qualifiés et le but, c’est que le chrono tourne vite. Je gagne du temps. Zizou perd le ballon et il y a de la frustration de sa part parce que là, ils se prennent une claque. C’est le Real Madrid, les Galactiques, qui se font éliminer par le petit Monaco, après avoir gagné 4-2 à l’aller. Ils ne s’attendaient pas à ce match de folie. »
Après cet épisode, la relation entre les deux hommes s’était considérablement refroidie. Jérôme Rothen avait notamment constaté que Zinédine Zidane l’avait ensuite ignoré lors du rassemblement suivant de l’équipe de France. Avec le recul, l’ancien Monégasque comprenait la colère du Ballon d’Or, mais pas la violence de ses propos :
« Je peux comprendre la frustration et l’énervement. Mais ces mots-là, je ne les comprends pas par rapport à quelqu’un que tu connais, avec qui tu t’es entraîné et avec qui tu as joué en sélection. Je ne te dis pas qu’on est les meilleurs amis du monde, mais quand même. Les insultes, sur le terrain, ça peut arriver. Et ça m’est arrivé aussi. Mais envers quelqu’un avec qui tu as partagé le même maillot, à côté de qui tu t’es assis dans le vestiaire, je pense qu’il y a des limites… »
Loin de l’image très posée qu’il renvoyait en dehors des terrains, Zinédine Zidane avait donc pu laisser éclater sa colère dans un contexte de très forte tension. Pour Jérôme Rothen, le plus difficile restait toutefois de comprendre qu’une telle insulte ait pu venir d’un joueur avec lequel il avait partagé le maillot des Bleus.
