Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Avant même de devenir une superstar NBA, Luka Doncic donnait déjà l’impression de comprendre le jeu différemment. Evan Turner se souvient avoir été frappé par son contrôle du rythme à seulement 16 ans.
En 2015, le Real Madrid avait affronté Boston lors d’un match de préparation, offrant à Luka Doncic quelques minutes face à des joueurs NBA. Le Slovène n’avait même pas marqué, mais sa manière de se déplacer, de changer de direction et surtout de contrôler le tempo avait immédiatement attiré l’attention.
Pour Evan Turner, ce n’était pas tant le niveau brut du jeune joueur qui impressionnait que son avance dans la lecture du jeu. À cet âge, Doncic semblait déjà savoir comment déséquilibrer un défenseur avec son rythme, ses appuis et des changements de vitesse rarement maîtrisés aussi tôt.
Evan Turner avait déjà repéré quelque chose de spécial chez Luka Doncic
Turner se souvient : « La première chose que j’ai remarquée, c’était son rythme. Il pouvait avancer doucement, changer ses hanches, partir d’un côté puis de l’autre. Je me demandais : “Mais comment est-ce qu’il a appris à faire ça ?” Son contrôle du tempo était déjà à un niveau complètement fou. »
Doncic n’avait pourtant passé que quelques minutes sur le parquet dans cette rencontre largement remportée par Boston. Malgré ce temps de jeu très limité et l’absence de points inscrits, Turner explique avoir immédiatement perçu une qualité difficile à enseigner : cette capacité à manipuler la défense sans forcément jouer plus vite qu’elle.
Cette avance trouve en partie son origine dans sa formation européenne. Doncic a lui-même expliqué plus tard qu’à Madrid, le travail des jeunes mettait énormément l’accent sur les fondamentaux, la lecture des situations et la création d’avantages, davantage que sur l’accumulation de matchs ou de tournois.
Avec le recul, ce souvenir prend forcément une autre dimension. Turner avait aperçu en quelques possessions ce qui allait devenir l’une des grandes forces de Doncic en NBA : imposer son propre rythme au défenseur, casser ses appuis et dicter l’action. À 16 ans, les bases de ce style étaient déjà clairement visibles.

