Par Rédaction | Sport
Le Showtime des Lakers reposait autant sur le talent que sur une hiérarchie parfaitement assumée. Selon Tim Hardaway, Magic Johnson savait que son rôle principal n’était pas de monopoliser le scoring.
Dans les grandes années de Los Angeles, Magic Johnson pouvait évidemment prendre feu offensivement, mais il privilégiait surtout l’organisation du jeu. Tim Hardaway raconte que le meneur considérait même qu’une trop forte dépendance à son scoring aurait été mauvais signe pour les ambitions collectives des Lakers.
Cette philosophie s’observait déjà au début de sa carrière. Malgré ses 42 points lors du Game 6 des Finales 1980 en l’absence de Kareem Abdul-Jabbar, Magic dépassait rarement les 20 points de moyenne sur ses premières saisons. Kareem, puis James Worthy, conservaient une place centrale dans la production offensive.
Magic Johnson ne voulait pas porter seul l’attaque des Lakers
Hardaway se souvient surtout d’une discussion après une énorme performance offensive de Magic : « Il n’était pas la première option. C’était le meneur qui dirigeait tout. Après un match où il avait mis 40 ou 50 points avec 14 passes, il a dit : “Si je dois marquer autant pour qu’on gagne, on ne gagnera jamais le titre. Je suis là pour diriger.” »
Cette vision résumait la manière dont Johnson percevait son influence. Son objectif n’était pas d’accumuler les tirs, mais de mettre Abdul-Jabbar, Worthy et les autres dans les meilleures conditions. Même lorsqu’il possédait les qualités nécessaires pour dominer au scoring, il préférait conserver l’équilibre d’une attaque construite autour de plusieurs menaces.
Son rôle a naturellement évolué avec l’âge de Kareem et les besoins des Lakers. Magic a fini par devenir leur meilleur marqueur lors de ses saisons de MVP, mais cette montée en puissance offensive n’a pas changé son approche fondamentale : prendre davantage de responsabilités seulement lorsque l’équipe en avait besoin, plutôt que chercher systématiquement à être l’option numéro un.
C’est aussi cette conception qui explique une partie de son héritage. Les cinq titres remportés par les Lakers du Showtime ne reposaient pas uniquement sur les exploits individuels de Johnson, mais sur sa capacité à faire fonctionner l’ensemble. Pour Hardaway, Magic avait compris qu’un meneur pouvait être le joueur le plus important sans forcément devoir être le premier scoreur.

