Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Véritable légende vivante du milieu journalistique et médiatique en France, Philippe Bouvard continue d’afficher une relative bonne forme du haut de ses 94 ans. Bardé de son éternelle espièglerie, il s’était ainsi confié au « Parisien » il y a quelques mois, en évoquant l’un de ses derniers souhaits, qui prendra assurément ses détracteurs à contre-pied.
Entré au Figaro en tant que coursier en 1952, Philippe Bouvard est toujours présent en 2024, 72 ans plus tard. Pas peu fier d’être le doyen des journalistes actifs en France, le natif de Coulommiers continue d’ailleurs d’officier ici et là pour RTL, persuadé qu’il lui serait impossible de vivre sans travailler. Il a par ailleurs publié « Le petit monde de Don Bouvardo » en 2022, dernier des dizaines de livres qu’il a écrits.
Évidemment lucide sur le fait qu’il arrive au crépuscule de sa vie à 94 ans, Bouvard, orgueilleux assumé, se confesse de plus en plus sur les erreurs qu’il a pu commettre au cours de sa vie. L’une d’entre elles ? La misogynie, qui, effectivement, transparaît de certains de ses propos passés, à une époque où être misogyne était malheureusement presque une norme.
Philippe Bouvard révèle son souhait avant de mourir
Reconnaissons tout de fois au nonagénaire son esprit critique envers lui-même, puisque dans les colonnes du « Parisien », il a admis son tort, et professé l’un de ses derniers souhaits avant de passer l’arme à gauche :
Ma misogynie était celle des comiques de mon époque. Mais elle a beaucoup diminué. Je suis devenu féministe au point de souhaiter une femme pour présidente de la République. Je voudrais voir ça avant de trépasser.
Au regard du paysage politique actuel, seule Marine Le Pen fait figure d’option crédible pour s’installer à l’Élysée. Une issue qui ne ravirait pourtant sûrement pas Bouvard, lui qui expliquait au sujet de son positionnement politique en 2013 :
Je ne me sens pas complètement à droite, je ne me sens pas du tout à gauche. Je serais plutôt dans un centrisme qui, hélas, a disparu parce que ceux qui s’en prévalaient ne faisaient pas le poids.
Mystère, donc, pour celui qui a déjà prévu que son épitaphe comportera la mention suivante, inspirée d’une réplique de Cyrano de Bergerac : « Ci-gît Philippe Bouvard qui fut tout et qui ne fut rien ». Pourquoi ce choix ? Tout simplement pour compenser une vie entière de vanité, comme il l’a expliqué avec beaucoup de franchise :
C’est surtout un peu de lucidité et de modestie tardive. J’ai quand même été très prétentieux dans ma vie. Je me suis cru le nombril du monde. Je gagnais beaucoup d’argent mais je réussissais quand même à vivre au-dessus de mes moyens. J’ai eu 200 voitures, trois villas avec trois piscines alors que je ne sais même pas nager. Si j’avais à parler de ma vie avec l’esprit critique que je réserve aux autres, je ne serais pas tendre.
Philippe Bouvard vivra-t-il assez longtemps pour voir une femme accéder pour la première fois à l’Élysée ? Si oui, s’agira-t-il d’une personnalité en adéquation avec ses convictions ? Nul n’a la réponse à ces deux questions, mais une chose est sûre : souhaitons à l’ancien animateur des « Grosses têtes » de rester en bonne forme le plus longtemps possible, et de faire perdurer cette impressionnante longévité !
