Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Paul Pierce n’a jamais été du genre à manquer de confiance en lui. Près de vingt ans après la saison 2007-2008, l’ancien ailier des Celtics s’est livré à un exercice de fiction très audacieux. Il imagine ce qui se serait passé si lui et LeBron James avaient échangé leurs équipes à cette époque. Une hypothèse qui, selon lui, aurait complètement changé l’histoire.
À l’époque, la NBA vivait une véritable bascule. Boston venait de former son célèbre Big Three avec Pierce, Kevin Garnett et Ray Allen, transformant immédiatement les Celtics en prétendants au titre. De l’autre côté, LeBron James continuait de porter presque seul des Cavaliers très limités offensivement. Cleveland s’appuyait sur un effectif composé surtout de joueurs de rôle comme Zydrunas Ilgauskas ou Larry Hughes, loin du talent collectif réuni à Boston.
Cette différence d’environnement a toujours été au cœur des comparaisons entre les deux joueurs. En 2008, LeBron terminait la saison avec 30 points, 7,9 rebonds et 7,2 passes de moyenne, menant Cleveland jusqu’à un respectable bilan de 45 victoires. Pierce, lui, voyait son rôle offensif diminuer avec l’arrivée de deux autres stars, passant à 19,6 points par match mais remportant finalement le titre NBA.
Un scénario totalement différent selon Pierce
Invité à revenir sur cette période, Pierce a livré une analyse très franche de ce qui se serait produit en cas d’échange de rôles avec James. « Si j’avais été un Cavalier et que LeBron avait été aux Celtics, on n’aurait probablement même pas fait les playoffs », a-t-il affirmé sans détour. Une manière de reconnaître implicitement à quel point la tâche était immense pour le jeune LeBron à cette époque.
L’ancien numéro 34 des Celtics va même plus loin dans son raisonnement, estimant que son propre jeu aurait pris une tout autre dimension à Cleveland. « Je ne sais pas comment il a fait. Moi, j’aurais grimacé à l’idée de passer la balle à ces gars-là. Au moins, LeBron avait confiance en eux. Mais je pense que j’aurais probablement fini meilleur marqueur de la ligue », a-t-il lancé avec assurance.
Cette déclaration illustre bien le contraste entre les deux situations. À Boston, Pierce n’avait plus besoin de forcer les choses. Garnett dominait en défense, Allen étirait le jeu grâce à son tir extérieur, et lui pouvait se concentrer sur l’efficacité et les moments décisifs. À Cleveland, LeBron devait pratiquement tout créer, du premier au dernier quart-temps.
La théorie de Pierce reste évidemment impossible à vérifier, mais elle soulève une question intéressante : dans quelle mesure le contexte façonne-t-il une carrière ? LeBron a souvent été salué pour avoir réussi à maintenir les Cavaliers compétitifs malgré un effectif limité. Pierce reconnaît lui-même que cette mission n’était pas donnée à tout le monde.
