Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Depuis des décennies, Céline Dion fascine autant par sa puissance vocale que par sa rigueur. Même fragilisée par la maladie ces dernières années, la chanteuse québécoise demeure une référence mondiale. Derrière cette longévité exceptionnelle se cache une discipline de fer, appliquée aussi bien sur scène qu’en coulisses. Et parmi ses exigences, une règle stricte que personne n’a jamais été autorisé à contourner.
Star planétaire révélée très jeune, Céline Dion a toujours considéré sa voix comme un trésor à protéger coûte que coûte. L’interprète de On ne change pas a ainsi instauré, dès ses débuts, une interdiction absolue : aucune cigarette ne doit être allumée en sa présence. Une décision radicale qui ne relève ni du caprice ni du confort personnel, mais d’une stratégie mûrement réfléchie pour préserver son instrument.
Cette exigence trouve ses racines dans l’histoire familiale de la chanteuse, comme le raconte Elisabeth Reynaud dans son livre Céline Dion, le pouvoir de l’amour. L’autrice y décrit un épisode fondateur impliquant Thérèse Dion, la mère de l’artiste. Alors que Céline n’est encore qu’une jeune chanteuse prometteuse, sa mère prend une décision définitive à l’aéroport, sous les yeux de son fils Paul :
« Alors, à l’aéroport, où son fils Paul les a accompagnés, (Thérèse Dion) se tourne vers lui, lui tend son paquet de cigarettes entamé, en disant : “Tu peux les fumer, les donner ou les jeter. Je n’en veux plus, je ne fumerai plus jamais de ma vie”. »
L’ouvrage poursuit en soulignant les conséquences de ce choix sur l’entourage de la future star :
« De ce jour, elle n’a jamais re-fumé. Tout se paie ! Désormais, les fumeurs sont interdits de l’entourage de Céline. Même son père s’abstiendra de fumer devant elle, grillant ses cigarettes à l’extérieur. »
À mesure que sa carrière prenait une dimension internationale, Céline Dion a maintenu cette ligne de conduite sans la moindre concession. En studio, en tournée ou en privé, la règle reste la même : pas de tabac à proximité. Une discipline confirmée par Nathalie André, ancienne directrice artistique de la Star Academy, qui évoquait sur France Bleu l’attention particulière accordée à la chanteuse, mais aussi à Grégory Lemarchal :
« À l’époque on fumait tous, il n’y avait pas encore la loi. Et il y avait deux personnes pour lesquelles il fallait arrêter de fumer : c’était Céline Dion et Grégory. Pour elle on râlait tous, mais pour Grégory on faisait tous super attention. Des élèves, j’en ai connu plein, et on a pas gardé cet amour pour tous. Mais lui, il y avait quelque chose dès le début. »
Cette interdiction, appliquée sans exception, témoigne de la détermination de la diva à préserver sa voix, devenue sa signature à travers le monde. Loin d’un simple détail d’organisation, cette règle non négociable illustre la rigueur qui a façonné sa carrière. Une exigence assumée, au service d’un talent que rien, pas même la fumée d’une cigarette, ne devait altérer.
