Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Fidèle à sa réputation, Béatrice Dalle ne s’embarrasse jamais de demi-mesures. Habituée aux prises de parole tranchées, l’actrice n’hésite pas à aller à contre-courant, même sur les sujets les plus sensibles. Alors que le mouvement #MeToo continue de bouleverser le monde du cinéma, elle a choisi de faire entendre une voix singulière. Quitte à susciter de vives réactions.
Figure à part du cinéma français, Béatrice Dalle s’est imposée dès la fin des années 1980 comme une personnalité inclassable. Révélée par le film 37°2 le matin, elle a ensuite enchaîné les collaborations marquantes, notamment avec Jacques Doillon ou Virginie Despentes. Si les rôles se font aujourd’hui plus rares, son franc-parler, lui, n’a jamais faibli.
Dans un contexte marqué par les prises de parole de nombreuses actrices, dont Judith Godrèche, le débat autour de #MeToo reste particulièrement vif. Invitée sur le plateau de Clique TV en 2023, l’ancienne compagne de JoeyStarr n’a pas hésité à évoquer le cas de Harvey Weinstein, figure centrale du scandale, avec des mots à son image :
“Si il s’était mal comporté un seul instant, c’était une patate dans sa gueule avec ses 83 Oscars”
Pour autant, la comédienne reconnaît la complexité des situations vécues par certaines femmes, notamment face à des personnalités puissantes. Toujours dans Clique TV, elle a tenu à nuancer son propos en évoquant les rapports de domination qui peuvent exister dans ce milieu :
“Une femme qui a vraiment peur de perdre son travail, une mère de famille, peut accepter des choses ou qu’elle n’ose pas parler (…). Le mec est tellement puissant, il y a aussi une sorte de rapport hyper tendancieux qu’on ne veut pas se griller avec lui”
Mais si Béatrice Dalle affirme comprendre certaines victimes, elle se montre beaucoup plus sévère envers celles qu’elle estime opportunistes. Sans citer de nom, elle a livré une déclaration sans détour, fidèle à son style provocateur :
“J’en connais une, en particulier, qui était une amie à moi, tu te dis : ‘C’est toi qui lance un mouvement comme ça ? Tu oublies des choses…’ Je n’ai pas envie de respecter celles qui se tiennent mal qui ont pris parti pour ce mouvement-là. Après tu as envie de baiser utile, il n’y a pas de problème. C’est ta vie, mais après ne viens pas pleurer”
À rebours des prises de position plus consensuelles, l’actrice assume pleinement ses propos, quitte à diviser. Une posture qui s’inscrit dans la continuité de son parcours, marqué par une liberté de ton rare dans le paysage cinématographique français.
Dans un débat aussi sensible, Béatrice Dalle choisit de rester fidèle à elle-même, sans chercher à lisser son discours. Une manière de rappeler que, dans un milieu souvent codifié, certaines voix refusent encore de se conformer aux attentes.
