Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Derrière sa voix singulière et ses mélodies intemporelles, Véronique Sanson a longtemps mené un combat bien plus intime. Loin de l’image lumineuse qu’elle renvoie sur scène, l’artiste a traversé des années marquées par l’alcool et les excès. Avec le recul, elle a choisi d’en parler sans détour. Des confidences rares, lucides, qui éclairent une facette plus fragile de son parcours.
Figure majeure de la chanson française depuis les années 1970, Véronique Sanson, interprète emblématique de Besoin de personne, n’a jamais caché les épreuves qui ont jalonné sa vie. Dans un entretien accordé à Paris Match en 2015, la chanteuse revenait sur sa lutte contre l’alcoolisme, un combat de longue haleine qui a profondément marqué son existence. Elle confiait ainsi, avec sincérité :
« Ça a été un combat très long, une acceptation très lente. L’alcool fait disparaître la tristesse, le désespoir, le doute. D’où son danger .»
Si aujourd’hui elle affirme aller mieux, Véronique Sanson reste consciente de la fragilité de cet équilibre. Pour elle, cette lutte n’est jamais totalement derrière soi, mais se vit au quotidien, avec vigilance :
« Je sais que je peux retomber demain, je vivrai toute ma vie avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. On vit au jour le jour. Un jour à la fois. On n’est jamais à l’abri. Je n’ai pas gagné. Quand on est alcoolique, c’est pour la vie. »
Au cours de cette période sombre, la chanteuse reconnaît également avoir expérimenté d’autres substances, dont la cocaïne. Mais elle distingue clairement ce qui relevait, pour elle, d’une consommation ponctuelle ou d’une véritable dépendance :
« La coke, j’en ai pris, mais ce n’était pas ma drogue de choix, ça me faisait mal au nez. Ma drogue de choix, c’était les bons vins »
À travers ces confidences, Véronique Sanson livre un témoignage sans fard sur les ravages de l’addiction et la difficulté de s’en libérer. Une parole précieuse, portée par l’expérience, qui rappelle que derrière les succès et la reconnaissance, certains combats restent invisibles mais profondément ancrés.
