Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
C’est un pan plus sombre de son parcours que Bernard Campan a choisi de dévoiler sans détour. Invité dans le podcast Sillage de Laurence Boccolini, l’acteur des Inconnus est revenu sur une période de sa vie marquée par la consommation de drogues. Un témoignage rare, livré avec recul, où il décrit une expérience qui a rapidement dépassé le simple essai.
Figure populaire du cinéma et de l’humour français, Bernard Campan a marqué toute une génération avec le trio Les Inconnus avant de poursuivre une carrière d’acteur au cinéma. Mais derrière cette trajectoire publique, l’artiste raconte aujourd’hui une parenthèse plus trouble, située entre la fin de l’aventure des Inconnus et le tournage des Trois Frères.
Cette période a été celle d’un basculement progressif vers le danger. L’acolyte de Didier Bourdon et Pascal Légitimus explique notamment comment sa découverte de l’ecstasy, aussi connue sous le nom de MDMA, s’est faite par l’intermédiaire de l’humoriste Jean-Yves Lafesse :
« Jean-Yves Lafesse est arrivé un jour et m’a dit : ‘J’ai découvert un truc. Ça s’appelle l’ecstasy, Bernard, il faut que tu essayes’. Quelque temps plus tard, j’ai essayé. J’ai adoré »
Très vite, cette expérimentation ponctuelle se transforme en période d’excès plus large. L’acteur revient sur ce qu’il décrit lui-même comme une dérive temporaire mais intense :
« Je suis tombé dans une spirale à une époque. Après Les Inconnus et avant Les Trois Frères, il y a eu deux ans à peu près. J’ai plongé une bonne année dans différentes drogues. Ça a été puissant »
Avec le recul, Bernard Campan affirme avoir réussi à sortir de cette phase sans que cela ne s’installe durablement dans sa vie. Il insiste sur le fait qu’il ne s’est pas inscrit dans une dépendance prolongée, même s’il reconnaît une consommation marquée sur une période précise.
Dans le même entretien, il évoque également son rapport à l’alcool, plus nuancé, qu’il décrit comme une présence occasionnelle mais contrôlée dans sa vie quotidienne :
« Je n’ai jamais été alcoolique. Ça ne m’a jamais entraîné dans une spirale sans fin »
Il précise toutefois ne pas avoir totalement renoncé à la consommation, tout en affirmant rester (à peu près) vigilant jusqu’à ce jour :
« Je n’ai jamais arrêté complètement, je fais attention, mais j’aime l’ivresse, ce moment où les tensions lâchent, où tout devient plus doux. Ça m’aide à décrocher. Le soir, un verre. Parfois deux, parfois trois. J’essaie de ne pas basculer et malgré ça, je suis un père présent et un mari aimant »
À travers ces confidences, Bernard Campan dresse le portrait d’un parcours fait d’expériences, de dérives passagères et de reprise de contrôle. Un témoignage lucide sur une période révolue, qui contraste avec l’image publique d’un artiste aujourd’hui apaisé et stabilisé.
