Drafté en 2008, la carrière NBA d’Alexis Ajinça n’a jamais réellement décollé. Passé de franchises en franchises sans jamais parvenir à s’installer, le pivot français faisait alors le pari d’un retour en France pour se peaufiner. Portrait du joueur, de ses débuts à Pau-Orthez jusqu’à son retour à New Orleans, dans notre liste des joueurs français en NBA


Arrivé dès ses 20 ans en NBA, Alexis Ajinça n’a pas réussi à s’imposer durablement dans la ligue américaine. Toutefois, le Français a su prendre de bonnes décisions pour retrouver sa place outre-Atlantique. Malheureusement, de nombreuses blessures ont également freiné la progression du pivot.

Dernière MAJ de l’article le 6 novembre 2018

Ajinça, une enfance à vélo et des débuts discrets

Alexis Ajinça sous le maillot de Hyères-Toulon (Pro A)

Né le 6 mai 1988 à Saint-Etienne, Alexis Ajinça a bien failli ne jamais faire carrière dans le basket. Ses jeunes années se font sur un vélo, plus précisément en BMX, discipline où il excelle chez les jeunes : à 9 ans, il est ainsi champion de France et d’Europe, ainsi que vice-champion du monde ! Malgré tout, deux ans plus tard, c’est sur les parquets que le futur pivot des Bleus se lance sérieusement.

Mesuré à plus d’1m80 dès ses 11 ans, il évolue d’abord avec les équipes de jeune de Saint-Étienne, sa ville natale. Il passe ensuite par l’INSEP, avant de signer ses premières apparitions avec les espoirs de Pau-Orthez lors de la saison 2006-2007. Il disputera onze matchs, pour un total de 23 minutes.

Âgé de seulement 19 ans, le pivot est envoyé en prêt à Hyères-Toulon afin de s’aguerrir. Peu utilisé par Alain Weisz (11.1 minutes par matchs), Ajinça ne tourne qu’à 4.9 points, 3 rebonds et 1.2 block de moyenne. Pourtant, il décide de se présenter à la Draft NBA, après seulement une saison complète parmi l’élite française.

2008 : Draft NBA, puis voyage de franchise en franchise

Alexis Ajinça drafté par les Charlotte Bobcats

Pari risqué, mais pari gagnant pour Ajinça, puisqu’il est sélectionné en 20eme position de la Draft 2008 par les Charlotte Bobcats. Malgré quelques grosses lacunes dans son jeu, le coach Larry Brown fait le forcing auprès de ses dirigeants pour sélectionner le Français. Barré par Nazr Mohammed ou Emeka Okafor, le pivot ne joue que très peu lors de sa saison rookie : 31 matchs, pour moins de 6 minutes de moyenne, et des statistiques de 2.3 points et 1 rebond.

Envoyé en G-League, aux Sioux Falls Skyforce, le pivot retrouve quelques couleurs : en 11 matchs, il affiche des moyennes de 11.9 points, 6.8 rebonds et 1.8 block. De belles performances qui ne lui permettent pas de jouer plus. La saison NBA 2009-2010 d’Ajinça se limite à 6 matchs et un total de 29 minutes. À nouveau envoyé en G-League, cette fois au Maine Red Claws, le pivot continue de se montrer à son avantage, avec 14.6 points, 7.5 rebonds et 3.1 blocks de moyenne.

Mais c’est insuffisant pour les Bobcats, qui l’envoient à Dallas lors de l’été 2010. Le stéphanois ne jouera que 10 matchs la tunique des Mavericks, et sera à nouveau échangé en janvier 2011, cette fois aux Raptors, avec qui il dispute 24 rencontres. En 10 minutes de moyenne, il tourne à 4.2 points et 2.3 rebonds.

2011 : Retour en France, pour mieux exploser

Alexis Ajinça sous le maillot de Strasbourg

À l’occasion du lockout qui gèle la NBA en 2011, Alexis Ajinça revient en Pro A, à Hyères-Toulon. Il ne joue que deux rencontres dans le Var, avant de prendre la décision de rester dans l’Hexagone, et de finir la saison avec Strasbourg. Incontournable dans l’effectif de Vincent Collet, le stéphanois est titulaire lors de ses 17 matchs, et tourne à 14 points, 5.5 rebonds et 2 contres de moyenne. Il se classe deuxième, derrière Edwin Jackson, pour le titre de meilleur joueur français de la saison.

Il reste en Lorraine pour la saison 2012-2013, et continue de s’améliorer : 15.3 points, 6.2 rebonds et 3 blocks de moyenne ! En parallèle, Vincent Collet fait confiance à son joueur en Equipe de France, lors de l’Euro 2013. Enfin, Ajinça disputera encore 21 matchs avec la SIG lors de la saison 2013-2014, pour des moyennes de 15.3 points, 6.3 rebonds et 3.2 contres. Alors que sa côte a explosé, le Français fait son retour en NBA.

2014 : Comeback en NBA, une chance aux Pelicans

Alexis Ajinça dépasse Amir Johnson, sous le maillot des Pelicans.

Ce sont les New Orleans Pelicans qui donnent sa chance à Ajinça pour la fin de saison 2014. D’abord remplaçant, le Français s’impose rapidement comme titulaire et figure dans le 5 majeur lors de 30 de ses 56 matchs. Ses moyennes ne sont pas rutilantes (5.9 points, 5 rebonds) mais le pivot a enfin trouvé sa place en NBA.

L’arrivée à son poste du Turc Omer Asik à l’été 2014 lui coûte malheureusement sa place dans le cinq, ainsi que quelques minutes. Toutefois, Ajinça réalise sa meilleure saison dans la Grande Ligue, avec 6.5 points et 4.6 rebonds de moyenne en 14 minutes par matchs.

Ses saisons 2015-2016, puis 2016-2017 seront plus compliquées, notamment à cause de blessures. Titulaire par intermittence, le pivot manque 66 matchs en deux ans. Puis, en 2017-2018, la présence de DeMarcus Cousins le bloque complètement, et il ne dispute pas la moindre minute. Malgré le départ de Boogie à l’été 2018, Ajinça ne retrouve pas sa place, puisqu’il est échangé aux Clippers, qui le coupe dans la foulée.

Vous pouvez suivre les performances d’Alexis Ajinça dans notre rubrique des Français de la nuit en NBA.


Avec les Bleus, un Euro et puis « à bientôt »

Alexis Ajinça sous le maillot de l'équipe de France

Champion d’Europe Junior en 2004, puis en 2006, la carrière en équipe de France A d’Alexis Ajinça n’est pas très remplie.

Présélectionné pour l’Euro 2009, le pivot ne parvient pas à s’imposer, face à la concurrence de Ronny Turiaf,Ian Mahinmi, Ali Traoré ou encore Johan Petro et Alain Koffi. Le stéphanois refusera ensuite de participer à l’Euro 2011, avant d’être utilisé comme titulaire à l’Euro 2013, et de faire très bonne figure, avec des moyennes de 9.1 points et 7 rebonds par matchs.

Alors que sa potentielle association avec Rudy Gobert fait saliver les observateurs, Ajinça décide de déclarer forfait pour la Coupe du Monde 2014, afin d’assister à la naissance de son premier enfant. Victime de l’émergence de Gobert, il n’est pas sélectionné pour les Jeux Olympiques de Rio 2016, son absence profitant notamment à Kim Tillie et Joffrey Lauvergne. Il n’a depuis plus participé à une grande compétition FIBA avec les Bleus, et reste donc sur un bilan incroyable de trois médailles d’or en trois Euros disputés.

Si la carrière d’Alexis Ajinça en NBA n’est sans doute pas celle qu’il espérait, le pivot a prouvé, lors de son deuxième passage aux Pelicans, qu’il avait le niveau pour s’imposer dans la rotation d’une franchise. Désormais sans club, le natif de Saint-Étienne doit désormais choisir quelle direction donner à sa carrière.

Vous pouvez retrouver les dernières actualités d’Alexis Ajinça.

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