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NBA – Les coulisses de l’écroulement de la superteam des Lakers en 2004

Les Lakers en 2004 avec Kobe, Shaq, Payton et Malone
Andrew D. Bernstein

Les Lakers de 2004, c’est l’histoire d’un paradoxe entre une équipe sublime sur le papier, mais sèchement battue par un roster supposé plus faible en Finales NBA. Le point sur la dernière danse mouvementée des Angelinos de Kobe et Shaq.

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Après le three-peat en 2000, 2001 et 2002, les Lakers connaissent en coup d’arrêt en 2003, battus par les Spurs (4-2) en demi-finales de conférence. A cette période, les tensions entre Kobe Bryant et Shaquille O’Neal deviennent de plus en plus pressantes, et après 7 ans de collaboration, ça sent clairement la fin du chemin.

Dans une optique de quitte ou double, les dirigeants choisissent de miser sur la saison 2003-2004. Le Big Cactus reçoit un ultimatum du management : si les Lakers ne sont pas champions, l’équipe sera détruite. Les joueurs le savent, en cas d’échec, il s’agit d’une last dance. Pour gérer les tensions et apporter du pedigree de champion, les vétérans Gary Payton, Karl Malone et Horace Grant rejoignent les rangs. Rien que ça.

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En dépit des tensions entre leurs deux superstars et l’affaire de l’accusation de viol contre Bryant qui lui fait manquer des matchs et apporte beaucoup d’attention médiatique néfaste, les Lakers terminent la saison avec 56 victoires pour 26 défaites – suffisant pour remporter la division Pacifique et se placer 2èmes à l’Ouest. Ils se vengent des Spurs en playoffs et atteignent les Finales, où les Pistons les attendent de pied ferme. Meneur de Détroit, Chauncey Billups était honnête au moment d’évoquer cette série récemment :

Quand on regarde les noms dans chacun des rosters, ils auraient dû nous sweeper.

Seulement voilà, c’est presque l’inverse qui s’est produit : les Pistons ont décroché la bague en saccageant des Lakers impuissants, 4 matchs à 1.

Lire aussi | Le gros ultimatum des Lakers à Shaq 2004

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Comment expliquer un tel succès ? Le mieux, c’est laisser Rip Hamilton le faire lui-même :

Toute cette saison-là, notre slogan était : « sois un homme ». Ça voulait dire que qui que tu aies en face de toi, tu devais le défendre, et ne pas espérer une prise à deux. On défendait tout le monde en homme à homme. Notre équipe était constituée de durs à cuire qui venaient au boulot pour faire leur travail, et le faire correctement. Si Kobe ou Shaq mettaient leurs 30 points mais que personne d’autre ne scorait, parfait.

Pour Tex Winter, assistant de Phil Jackson, O’Neal a joué un rôle dans ce cuisant échec des Lakers :

Shaq s’est vaincu tout seul contre Détroit. Il a joué de manière bien trop passive. Il veut toujours être un scoreur, mais il était loin d’avoir la concentration suffisante en défense.

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Frustré d’être désigné par certains comme bouc-émissaire et par les déclarations du GM Mitch Kupchak, O’Neal, qui cherche un énorme contrat que LA lui refuse, contre-attaque en estimant que tout est fait pour apaiser Kobe à son détriment. Gary Payton semble partager le ressenti :

Kobe voulait sa propre équipe, c’est tout. C’est vraiment décevant que tout ait explosé après un an, je pensais qu’on serait ensemble 2 ou 3 ans.

Shaq ou Bryant, qui est le fautif ? Sûrement un peu des deux. Les différences sont quoiqu’il en soit devenues irréconciliables entre les deux hommes, et O’Neal demande un transfert. Les Lakers visent d’abord Dirk Nowitzki en échange, mais Dallas refuse. Finalement, c’est le Heat qui manifeste son intérêt, et un accord est trouvé : le Big Cactus part en Floride, et l’ère Kobe/Shaq se referme après 8 ans et 3 bagues.

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Malgré les stars et le potentiel, les Lakers 2004 ont fait pschit et resteront à jamais synonymes de la saison de l’explosion. Comme quoi, l’assemblage de grands joueurs ne donne pas toujours le résultat escompté…

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