Meurtrie, le règlement de comptes sec de Dominique Lavanant avec le Splendid : « Balasko ? Elle…

Josiane Balasko et Dominique Lavanant
France TV (DR) / Le Figaro (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Pendant des années, la troupe du Splendid a renvoyé l’image d’une bande soudée, portée par des succès populaires devenus cultes. Entre Les Bronzés, Le Père Noël est une ordure ou encore Les Bronzés font du ski, le collectif a marqué durablement le cinéma français. Mais derrière cette façade de grande famille, certaines relations se sont peu à peu fragilisées. Dominique Lavanant, longtemps associée à l’aventure, a fini par raconter une réalité bien plus douloureuse.

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Figure familière du cinéma populaire français, Dominique Lavanant a participé à plusieurs films emblématiques liés à l’univers du Splendid. Pourtant, malgré sa présence dans les deux premiers volets des Bronzés, l’actrice a toujours eu le sentiment de rester à l’écart du noyau historique formé par Gérard Jugnot, Christian Clavier, Thierry Lhermitte, Michel Blanc, Marie-Anne Chazel et Josiane Balasko. Une impression persistante qui, avec les années, s’est transformée en véritable blessure.

Lorsque la troupe se reforme pour Les Bronzés 3 : Amis pour la vie, Dominique Lavanant vit le tournage dans un profond malaise. Dans un entretien accordé à France-Soir, l’actrice revient avec beaucoup d’amertume sur cette expérience qu’elle considère encore aujourd’hui comme particulièrement difficile :

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« C’est mon pire souvenir de tournage, c’était tellement horrible que j’en ai pleuré. Aux yeux des anciens du Splendid, je n’étais rien. Juste une débutante face à d’anciens amis. En fait, je n’ai jamais fait partie de l’équipe du Splendid. (…) J’ai eu un joli rôle dans les premiers Bronzés, puis un moins bon dans Les Bronzés font du ski. Et le dernier… voilà ».

Mais au-delà du sentiment d’exclusion professionnelle, c’est surtout sa relation avec Josiane Balasko qui semble avoir laissé les traces les plus profondes. Très proches pendant des années, les deux comédiennes ont vu leur lien se distendre avec le temps. Dominique Lavanant évoquait cette rupture avec une grande tristesse dans le même entretien :

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« Elle a été mon amie, on était cul et chemise, et on connaissait nos familles respectives… Par moments, elle me manque, c’est vrai. Quelque chose transforme les gens. Peut-être l’argent. »

Des propos qui traduisent une déception dépassant largement le cadre du cinéma. Sur RTL, le réalisateur Patrice Leconte avait lui aussi reconnu que Dominique Lavanant avait souvent souffert de cette position à part au sein du groupe, évoquant même certaines erreurs commises pendant les tournages :

« C’est la même chose avec Dominique Lavanant, c’était amour/amitié. C’est des rapports forts et forcément un peu chaotiques… Elle a toujours eu le sentiment confus que le Splendid ne l’aimait pas beaucoup. Elle se sentait sur la touche et ne le vivait pas très bien. Par une absurde erreur, nous l’avions logée dans un hôtel où elle était toute seule. Le soir, elle déprimait et buvait du vin blanc en disant qu’elle voulait rentrer à Paris. »

Derrière l’image joyeuse et insouciante laissée par les films du Splendid, Dominique Lavanant garde donc le souvenir plus amer d’une aventure vécue à distance. Des blessures anciennes qui, des années plus tard, semblent encore très présentes dans son esprit.

Si le public continue de voir dans le Splendid une bande indissociable du patrimoine populaire français, les confidences de l’actrice rappellent que derrière les succès et les éclats de rire, certaines fractures humaines ne disparaissent jamais complètement.

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