Pour la saison 2003-2004, les Lakers effraient la ligue entière en montant une équipe terrifiante sur le papier. Avec l’arrivée des deux vétérans Gary Payton et Karl Malone, ils semblent d’entrée tuer toute concurrence. Mais tout ne se passera pas comme prévu…

À l’heure où les Warriors dominent la NBA et continuent de se renforcer avec des superstars dans la fleur de l’âge, très lointaine semble être l’époque où les Lakers faisaient trembler la ligue en montant la première « superteam » de l’ère moderne, avec l’arrivée de gloires en fin de carrière. Suffisant néanmoins pour en faire une équipe presque impossible à concurrencer. Les grands moyens sont de sortie car après trois titres consécutifs entre 2000 et 2002, les hommes de Phil Jackson ont échoué en se cassant les dents face aux Spurs la saison précédente. Il faut donc frapper un grand coup et relancer la domination !

Malheureusement, tout ne se passera pas comme prévu. Malgré un parcours sans trop d’accrocs, les Lakers finissent par s’incliner en Finales face aux Detroit Pistons. Kobe Bryant est au coeur d’un scandale sexuel, et de plus, sa guerre en interne avec Shaquille O’Neal pousse le Big Fella à envisager un départ, sans compter que Karl Malone rate une bonne partie de la saison pour une blessure au genou. Lui qui n’a pourtant jamais été blessé durant sa carrière. Plusieurs embûches qui ont ruiné les ambitions des Angelinos selon Gary Payton, qui est revenu sur cette saison pour l’émission de radio The Herd :

La raison principale a été la blessure de Karl Malone. On était à 18-3 et tout le monde disait qu’on allait battre le record des Bulls. Mais les gens ne comprennent pas. Kobe Bryant était un gamin et il a eu des ennuis. Il était dans un état d’esprit où il se demandait : « Je pense aller en prison. Je ne sais pas ce qu’il va se passer. » Il faisait des allers-retours à Denver, il n’était pas beaucoup à nos côtés. Puis tout d’un coup, Shaq et l’organisation ont commencé à avoir des problèmes.


Tout semble aller dans le mauvais sens mais, malgré ça, les Lakers déroulent grâce à leurs qualités intrinsèques. 56-26 en saison régulière puis 12-5 en playoffs après un succès en finales de conférence face à Minnesota, le meilleur bilan de l’Ouest. Le plan se déroule donc dans les temps… jusqu’aux Finales, où le collectif des Pistons aura finalement raison de l’addition de talents qu’aligne Los Angeles.

Karl Malone a manqué des matchs, Shaquille O’Neal aussi, puis Kobe. Je suis le seul gars qui a joué 82 matchs, et on avait un groupe de gars sur le banc qui ne savaient pas qui ils étaient. On avait Fisher, on avait Fox, on avait Horace Grant, et on a assemblé tout ça. Quand on a réussi ça et que nous sommes arrivés en playoffs, on a fait un run. San Antonio était la troisième meilleure équipe cette année-là, on les a battu en six matchs. Ensuite on est allé en finales et tout n’a pas marché par la suite. Karl a essayé de revenir après s’être explosé le genou, et ensuite Kobe et tout le reste se sont concentrés sur leurs propres trucs. On a laissé une bonne équipe de Detroit nous battre 4 à 1.

Payton semble convaincu que sans toutes ces dispersions, les Lakers auraient été champions. Mais scandales, guerres internes et blessures auront causé la perte d’une équipe annoncée comme une entreprise de démolition, devant un objectif suprême qui lui tendait les bras. Une nouvelle preuve que la rigueur et un fort esprit d’équipe restent des paramètres primordiaux dans la quête d’un titre NBA.

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A propos de l'auteur

Un jour, on m'a dit : "Jordan c'est du caviar et Kobe c'est du foie gras". Je suis d'accord, mais je préfère le foie gras ! Que de l'amour pour la NBA même si c'est toujours les Warriors qui gagnent à la fin.